Août 2016 – Communiqué du Collect’IEF

En réponse à notre demande d’audience, le Collect’IEF a reçu, le 3 août 2016, un courrier du ministère de l’Éducation nationale. Ce courrier mentionne que M. Noblecourt, directeur adjoint au cabinet de la Ministre, recevra les associations nationales et le Collect’IEF dans le cadre de la « poursuite de la consultation de l’instruction à domicile », conformément à ce qui avait été annoncé lors du rendez-vous du mois de mai dernier.

Le Collect’IEF ne souhaite pas donner suite à cette nouvelle « consultation ». Les associations et le Collect’IEF ont en effet été mis devant le fait accompli lors du rendez-vous du 26 mai dont l’objet était pourtant une « concertation ». Aucune des demandes émises depuis plusieurs années, et réitérées à l’occasion de ce rendez-vous, n’a été prise en compte, bien au contraire.

Nous ne souhaitons pas devenir complice et « collaborateur » d’un ministère pour qui le dictat idéologique de l’école républicaine, où seule l’Éducation nationale sait ce qui est bon et mieux pour tous, se substitue au dialogue, aux libertés individuelles et constitutionnelles. Où la liberté de chacun est bannie sous l’alibi de la protection nationale et de l’état d’urgence, alors que M. Noblecourt nous expliquait en mai dernier que les changements législatifs prévus pour l’instruction en famille n’avaient rien à voir avec le terrorisme, ainsi que le confirment les travaux de la Miviludes.

Le Collect’IEF maintient plus que jamais que l’instruction en famille, parce qu’elle relève de l’un des principes fondamentaux de la République française, ne peut être subordonnée à un système déclaratif et de contrôles.

L’exercice des libertés fondamentales sur lequel repose notre démocratie ne peut être sacrifié. Au contraire, il est d’autant plus important de le protéger et de continuer à l’affirmer. C’est le signe de la vitalité des principes démocratiques et que nous ne cédons pas à la terreur.

La suspicion et la défiance à l’égard de l’instruction en famille ne font que renforcer la stigmatisation d’une population dont le seul intérêt, dans la très grande majorité des cas, est celui porté à l’enfant. Le renforcement voulu par le gouvernement apparaît donc d’autant plus inique qu’il est injustifié et que les moyens existent déjà en matière de protection de l’enfance.

Les témoignages que reçoit le Collect’IEF révèlent bien que les parents et les enfants ne sont pas entendus et encore moins compris. Les indicateurs statistiques révèlent bien que le système scolaire lui-même n’est pas non plus épargné en dépit des moyens et des programmes engagés. Plutôt que d’interroger les signes de l’augmentation du nombre des déscolarisations, le gouvernement impose un rassemblement aveugle sous la bannière exclusive de l’Éducation nationale.

Le Collect’IEF demande:
– la suppression de l’article 14 bis du projet de loi Égalité et Citoyenneté,
– le retrait du nouveau décret (en attente de publication), relatif au contrôle du contenu des connaissances et concernant les enfants instruits dans le cadre de la famille ou dans les établissements d’enseignement privés hors contrat,
– l’abandon du projet de la circulaire annoncée en mai dernier.

Ces textes et projets ont été rédigés par le gouvernement en dehors de tout débat parlementaire et de toute concertation avec les principaux concernés.
Le Collect’IEF estime qu’une réflexion de fond doit être engagée et que les parents doivent être considérés comme des acteurs incontournables du système éducatif. Cette réflexion ne pourra être menée que sur la base du respect, sans condition, du droit des parents à choisir en priorité le genre et la forme d’éducation à donner à leurs enfants.