PDL N°245 – Lettres à l’UMP

Madame, Monsieur,

Le vendredi 24 janvier le petit monde de l’IEF (instruction en famille) découvrait avec consternation la proposition de loi n°245 visant à limiter la possibilité d’instruction obligatoire donnée par la famille à domicile aux seuls cas d’incapacité.
Cette proposition de loi déposée par huit sénateurs UMP équivaut à interdire purement et simplement l’instruction en famille à la quasi totalité de ceux qui la pratiquent.

Cette proposition de loi est vécue comme une véritable attaque par l’UMP de la famille. Au vu de l’actualité, cette attaque est d’autant plus incompréhensible.

De nombreuses actions ont été entreprises par les associations et les familles IEF contre cette proposition de loi jugée inadmissible. Il y a notamment une pétition par laquelle plus de 36000 personnes ont déjà demandé l’abandon de cette proposition de loi.

Sur le site web ump-senat on peut lire ce communiqué :
« La proposition de loi déposée par le sénateur Hugues PORTELLI, et cosignée par d’autres sénateurs élus de banlieue comme lui, a pour unique objet d’attirer l’attention sur la dimension éducative de la montée du communautarisme dans les cités.
Le phénomène se traduit notamment par le détournement de la possibilité pour les familles d’éduquer leurs enfants à leur domicile.
Dans la mesure où l’Éducation nationale, qui a l’obligation de contrôler le respect par les parents des programmes scolaires, n’exerce pas correctement cette mission, il apparaît nécessaire pour les signataires de la proposition de loi de limiter sérieusement cette option et de renforcer les contrôles de l’État.
Ils n’ont en aucun cas pour objectif de porter atteinte au principe constitutionnel de libre choix éducatif des parents. »

Donc, sous prétexte d’attirer l’attention sur le communautarisme dans les cités et que l’éducation nationale ne ferait pas correctement son travail, des sénateurs UMP proposent l’interdiction de l’IEF !

Que des sénateurs UMP s’inquiètent du communautarisme dans les cités est une chose. En revanche qu’ils proposent d’interdire purement et simplement l’instruction en famille à ce titre m’apparaît inadmissible.
S’en prendre au principe constitutionnel de libre choix éducatif des parents parce qu’une minorité de personnes le détournerait me semble totalement disproportionné et irresponsable. Quelle sera la prochaine étape, l’interdiction des écoles privées hors contrat ?

Il m’apparaît nécessaire que l’UMP se positionne clairement et très rapidement sur l’instruction en famille. Et si cette proposition de loi ne reflète pas les idées de l’UMP, que vous fassiez le nécessaire afin que cette proposition de loi soit retirée extrêmement rapidement.

Très cordialement,

Madame, Monsieur,

J’ai pris connaissance il y a quelques semaines de la proposition de loi visant à « limiter la possibilité d’instruction obligatoire donnée par la famille à domicile aux seuls cas d’incapacité ».

Nous avons fait le choix de l’instruction en famille pour nos enfants depuis 2001.

Depuis nous nous battons et consacrons beaucoup d’énergie face aux attaques incessantes contre ce mode d’instruction.

Aujourd’hui nous sommes accusés par 7 sénateurs* UMP de « désocialisation volontaire ».
La solution proposée est de nous interdire l’accès à un mode d’instruction qui émane de principes fondamentaux de la Constitution française !
Qu’allons-nous dire à nos enfants ? Que nous sommes soupçonnés une fois de plus de « maltraitance » sur enfant ? Que nous les désocialisons volontairement pour les soumettre « à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux. » ?
N’est-ce pas absurde à tous les points de vue ?

Monsieur Portelli, l’un des signataires de la PDL, a précisé récemment dans un communiqué que cette proposition de loi « a pour unique objet d’attirer l’attention sur la dimension éducative de la montée du communautarisme dans les cités. »
Comment une démocratie peut elle répondre à des inquiétudes en supprimant des libertés ? N’est-ce pas le privilège des pays totalitaires ?
Faut-il donc proposer la fermeture des écoles pour répondre à la montée de la violence en milieu scolaire ?
Faut-il donc proposer la fermeture du ministère de l’Éducation nationale qui ne peut garantir à tous les enfants la réussite scolaire ?
N’y a-t-il pas d’autres solutions pour attirer l’attention que de prendre en otage des familles qui ont le choix « en priorité » du mode d’éducation à donner à leurs enfants* ?
Faut-il désormais que l’enfant soit arraché à sa famille dès sa naissance pour que l’enfant, « particulièrement vulnérable, » soit soustrait à tout « conditionnement » ?

Nous nous opposons à une solution liberticide pour répondre à des craintes qui doivent dans une démocratie être accompagnées de manière « éclairée » .
Nous vous demandons donc d’appuyer le retrait de cette proposition de loi.

Sincèrement,

*Madame Esther Sittler s’est retirée de la PDL
*Article 26-3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1948 : « Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »

Publié le vendredi 7 février 2014 par Collect’IEF