IEF : De la prison pour une mère irlandaise !

Une mère irlandaise de 6 enfants a été envoyée en prison car elle refusait de payer une amende relative au droit constitutionnel d’instruire en famille.
Monica O’Connor, 47 ans, de Tullow, comté de Carlow, a 5 fils et une fille, âgés de 6 à 27 ans. Son mari Eddie O’Neill, 49 ans, est également menacé d’une peine de prison. 
L’article 42 de Bunreacht na hEireann, la Constitution irlandaise, reconnaît que les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. La section 2 dit «les parents sont libres d’assurer cette instruction dans la famille… »
L’article 42 de Bunreacht na hEireann, la Constitution irlandaise, reconnaît que les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants : «les parents sont libres d’assurer cette instruction dans la famille… » 
 L’Agence de la Famille et des Enfants de TUSLA (http://www.tusla.ie) qui a remplacé l’Office National de Protection de l’Education (NEWB) en janvier dernier, a convoqué le couple au tribunal de district de Carlow, où il a été condamné à deux amendes de € 2000 en Juin 2013 et € 1300 en décembre 2013 pour « avoir failli à enregistrer »  deux de leurs enfants auprès de cette instance. 
Le NEWB insiste  pour que les personnes qui instruisent en famille fassent une demande afin que leur projet éducatif soit évalué, et qu’ensuite elles puissent se prévaloir de leur droit à instruire en famille. 
Le couple affirme que cela revient à demander l’autorisation d’instruire en famille, ce qui pourrait être refusé, et n’est donc pas un droit. La famille a reçu des injonctions de scolariser  leur fils âgé de 12 ans, Oran, et leur fille de 9 ans, Elva, afin qu’ils fréquentent les écoles primaires locales. 
Les enfants ont tous été instruits en famille pour leurs années d’école primaire. L’aîné, Darragh, 27 ans, travaille dans le bar d’un club de golf à Hawaii et est financièrement autonome depuis son départ de la maison, à l’âge de 17 ans. Le deuxième fils, Oisin, 20 ans, étudie pour devenir acteur. Le troisième, Emmet, 19 ans, a terminé la 2ème année sur quatre d’un master en musique à l’Institut de technologie de Dublin. 
Les trois plus jeunes continuent l’apprentissage à la maison avec leurs parents. 
Le 3 Septembre 2014, la Gardai (police irlandaise) a escorté Monica O’Connor à Mountjoy, la prison de Dublin, car elle n’avait pas payé l’amende. Elle a été libérée au bout de 3 heures. Sa peine aurait pu durer 24 jours. 
                                  
Un documentaire de 16 minutes sur youtube « Homegrown knowledge » montre les quatre plus jeunes enfants expliquer comme ils aiment apprendre à la maison.
Une pétition a été lancée sur change.org pour inciter le ministre de l’Education, Jan O’Sullivan, à intervenir au nom de la famille : 
De plus amples détails sur la page facebook 
Monica 353-86-8366569 Eddie 353-86-3538849 353-59-9163019 
Le contexte irlandais :
Auparavant, les familles irlandaises se déclaraient auprès des autorités et l’unique contrôle reposait sur l’enseignement dispensé et les choix familiaux. Il pouvait se dérouler en l’absence des enfants.
Depuis le Welfare Act en 2000 une autorisation et la signature des deux parents est nécessaire pour enregistrer les enfants en IEF : les intentions de la famille sont évaluées. Si elles reçoivent un avis favorable, la famille est alors autorisée à instruire en famille.
Ce premier contrôle est suivi d’un second où l’enfant est « gentiment » testé. 
Si les résultats sont estimés insuffisants : un 3ème contrôle avec tests scolaires est imposé, avec une possible obligation de scolariser à la clé.
L’application tardive de cette nouvelle loi revient à demander l’autorisation d’instruire en famille. Ce que contestent les familles et associations IEF, dont HEdNI  et HEN.
(Les difficultés n’apparaissent qu’aujourd’hui parce que les autorités ont réalisé que peu de familles s’enregistraient. On peut aussi questionner un contexte européen global de durcissement envers l’IEF.)
 » Ce n’est pas juste la question de se déclarer  » a écrit Thompson. « Si c’était le cas, beaucoup d’entre nous n’auraient pas de problème. C’est le fait que nous devions demander l’enregistrement, c’est-à-dire que nous devons demander leur approbation pour instruire en famille quand nous n’avons besoin ni d’approbation, ni de permission. Le droit d’instruire en famille est couvert par la constitution. La loi est mal formulée. Vous ne pouvez pas demander la permission pour quelque chose qui est déjà autorisé. »
C’est pourquoi, pour avoir refusé de payer une amende après avoir refusé de déclarer l’instruction en famille, arguant que c’était un droit constitutionnel qui se passait d’autorisation, Monica O’Connor a été condamnée à une peine de prision de 24 jours.
L’article 42 de la Constitution irlandaise, Bunreacht na hEireann, explique que « l’éducateur prioritaire et naturel d’un enfant est sa famille, et celle-ci garantit le respect des droits et devoirs inaliénables des parents de transmettre, en respectant leurs choix, une éducation religieuse et morale, intellectuelle, physique et sociale à leurs enfants ».
Eddy O’Neill, le père des 6 enfants, est intimement convaincu que l’éducation en dehors du système scolaire est un droit qui ne devrait pas être subordonné à un processus d’enregistrement. 
Monica O’Connor a fait valoir que la loi irlandaise piétine les droits des familles dans la mesure où être évalué pour un droit constitutionnel revient à la possibilité de se voir refuser ce droit constitutionnel !
Au fils des années, le couple a été famille d’accueil pour 22 enfants et ils ont obtenu des rapports positifs. Egalement 3 de leurs enfants, maintenant adultes, suivent leur propre chemin. La maman en colère a déclaré qu’elle avait refusé d’être à nouveau évaluée dans son rôle d’éducatrice. Elle considère que c’est une « attaque » sur ses compétences parentales.
Elle a affirmé que c’est leur droit, en tant que parents, d’éduquer leurs enfants à la maison. Et qu’ils ne devraient donc pas être constamment surveillés et examinés par l’administration.
Les parents éducateurs font bien plus que ce que la loi préconise, et ne devraient pas non plus prouver de leur bonne santé physique.
Eddy O’Connor a déclaré que la situation en Irlande concernant l’IEF est « un bâton sans la carotte », affirmant qu’il permet à l’État d’économiser une fortune en subventions. Il a également rajouté : « Je suis enseignant dans le secondaire, je peux enseigner à un enfant dans le pays et pourtant je vais en prison parce que j’instruis mes propres enfants. »
Sources :