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Il faut sauver l’instruction en famille !

Projet de loi confortant le respect des principes de la République (article 21) :

Il faut sauver l’instruction en famille !

 

Signataires
 

L’association LED’A

L’association LAIA

L’association CISE

L’association UNIE

Le Collectif EELM

Le Collectif FELICIA

L’association PIEE

Le Collect’IEF

Enfance Libre

Autisme Espoir Vers L’Ecole

Cours PI

La Fondation pour l’école

Créer son école

Éduc France

Objectif Eurêka!

PEPsMagazine

 

Manifeste d’anciens enfants qui n’ont pas tous vieilli

Le 2 octobre dernier, en affichant la volonté de rendre « l’instruction obligatoire dans une école », l’état a levé le voile en révélant enfin publiquement le mensonge dans lequel nous baignons tous depuis nos plus jeunes années. La bouche de l’état a donc permis de rétablir très officiellement la vérité : non, l’école n’est pas, et n’a jamais été, légalement obligatoire dans la république française.

Ce dogme d’une école obligatoire, l’école elle-même nous l’aura fait annoner intérieurement chaque matin pour justifier sa main mise quotidienne sur l’essentiel de notre jeunesse. Main mise, oui, car qui peut dire avoir choisi d’aller à l’école ? Heureux qui a eu la chance de pouvoir faire un tel choix. Parce que choisir de dire « oui » implique aussi bien d’avoir eu la possibilité de dire « non ».

L’effet de cette révélation, cependant, pourrait n’être que de bien courte durée. Car l’état prétend effectivement s’orienter vers une décision « sans doute l’une des plus radicale depuis les lois Ferry de 1882 » : instaurer la scolarisation obligatoire des mineurs. De fait, si un tel seuil devait être franchi dans la progression totalitaire de l’état, la vie de centaines de personnes d’âges et de conditions très diverses serait directement et profondément bouleversée.

Ce n’est pas que la situation actuelle soit idyllique, loin s’en faut. Car si pour les parents, ne pas inscrire un enfant dans une école est bien légal*, ce n’est qu’à peine toléré. Et nous sommes quelques uns à vivre déjà de longue date avec, à proximité, un sac contenant passeports, argent et quelques affaires de première nécessité. Au cas où. Parce que la pression est constante sur celles et ceux qui ne veulent pas d’une vie scolaire de quelque obédience qu’elle soit. Surveillance administrative, sociale, voire policière ou judiciaire, culpabilisation, pressions et menaces institutionnelles font partie de notre lot des années durant pour avoir seulement fait ce choix, avec une évolution législative toujours plus contraignante.

Mais il reste, jusque là, malgré tout, ce petit quelque chose qu’on appelle une liberté fondamentale, reconnue en plus comme un droit constitutionnel, et encore, inscrite dans la déclaration des droits de l’homme. Rien que ça. Alors, vaille que vaille, de contrôle en convocation, on tient bon et la vie continue, autrement plus intéressante. De fait, à de très rares exceptions près, on ne vient pas chercher les gamins. Pas encore. Qu’on se rassure, nous ne prendrons pas ce risque. Simplement, ce qui vient d’être annoncé préfigure notre condamnation à l’exil.

Nous sommes de tous ceux qui accordent à la parole sensible sa pleine valeur, en tant qu’elle est le lieu de l’altérité et de la rencontre renouvelée. Aussi problématiques que puissent être le pouvoir des parents sur les enfants et des majeurs sur les mineurs, nous tentons de vivre dans la réalité d’une écoute et du respect du désir de chacun, convaincus que l’affection exclut la coercition. Alors, ces relations faites de confiance et d’attention que nous portons au fil des jours, comment pourrait-on seulement imaginer leurs faire subir la violence de la trahison à laquelle prétendrait nous contraindre un tel changement législatif ?

Nous n’avons pas choisi d’accueillir parmi nous des êtres nouvellement nés, ceux avec qui nous partageons de saisons en saisons l’émerveillement d’exister, à qui nous faisons en sorte d’offrir toutes les possibilités de se déployer dans le monde, nous n’avons pas accompagné au long des années ces êtres qui nous sont chers, tout ça pour devoir briser un jour la trajectoire de leur épanouissement ; qui plus est, au nom des phantasmes autoritaristes de quelque agent recruteur en marche vers le néant.

Il ne saurait être question pour un pays de décider d’enrôler par la contrainte l’ensemble de sa jeunesse dans un service scolaire obligatoire – recrutée à 3 ans !! – sans se révéler ouvertement comme ayant abouti à ce qu’il tend chaque jour un peu plus à devenir. Parce que nous ne parlons pas de principes éthérés ici, nous parlons de leur réalisation la plus concrète. Que croit-on qu’il adviendra des petits, comme de ceux qui ne le sont plus, qui ne se présenteront pas le jour dit ? et à celles et ceux qui les auront soutenus en refusant d’obtempérer au motif parfaitement injustifiable de les aimer ? Nous ne saurions vivre dans l’attente du jour où ils viendront nous chercher. Fuir ou se cacher seraient nos seules issues. Qu’est-ce qu’un pays qui imposerait cela ?

La scolarisation ne peut pas devenir obligatoire. Nous réaffirmons le droit inaliénable pour chacune et chacun – donc sans autorisation ni justification aucune – de pouvoir tout simplement vivre en paix.

D’anciens enfants qui n’ont pas tous vieilli.

* Le cadre légal actuel de « l’instruction obligatoire » implique dans ce cas une déclaration annuelle de « l’instruction dans la famille ». À ce titre, aucune justification n’est exigible, il s’agit de l’exercice d’un droit fondamental. Le principe d’une déclaration lui-même est contestable et contesté. À partir de là, l’éducation nationale impose un contrôle annuel des parents et de l’enfant, avec justification pédagogique et tests. La mairie est en charge d’un contrôle social tous les deux ans. Si les résultats ne lui conviennent pas, l’éducation nationale peut administrativement exiger la scolarisation. Les poursuites peuvent remonter jusqu’au juge pour enfant, avec des procédures longues et extrêmement pénibles pour tout le monde puisque sous la menace d’un retrait plus ou moins complet de l’autorité parentale, et donc du retrait de l’enfant.

IEF : Ni déclaration anticipée, ni autorisation requise !

 

Des familles dans le Bas-Rhin ont récemment reçu un courrier leur enjoignant de faire part de leur décision concernant l’instruction de leur(s) enfant(s)… dès le mois de juin ! D’autres, dans le Puy-de-Dôme, se sont vues imposer une date de déclaration en septembre.

Pour rappel, la déclaration se fait au moment de la rentrée si la déclaration a été faite la première fois « à compter de la rentrée scolaire de l’année civile où l’enfant atteint l’âge de six ans » (1).

L’IEF est un droit (2) et n’est donc pas soumise à autorisation.
Le Collect’IEF dénonce le caractère illégitime et discriminatoire des obligations de déclarations et de contrôles. Un droit consacré ne relève, en effet, ni d’une obligation de déclarations, ni d’une obligation de résultats.

Il est plus que temps que les familles se réapproprient ce droit à l’heure où le cadre législatif et les pratiques administratives se resserrent autour de l’IEF.

Nous ne devons pas nous laisser intimider par une autorité qui abuse de sa position pour créer dans la pratique des obligations que la loi ne prévoit pas.

Faisons en sorte de ne plus être sous liberté conditionnelle !

Le Collect’IEF

1- Article L.131-5 du Code de l’éducation : « Les mêmes formalités doivent être accomplies dans les huit jours qui suivent tout changement de résidence ou de choix d’instruction. {…}
La présente obligation s’applique à compter de la rentrée scolaire de l’année civile où l’enfant atteint l’âge de six ans. »

2- Article L.131-2 du Code de l’éducation : « L’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix. »

Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948, article 26‐ 3 : « Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »

Novembre 2017 : GUIDE INTERMINISTERIEL – Le rôle des acteurs locaux dans le cadre de l’instruction dans la famille

 Le présent guide a été élaboré par la direction générale des collectivités locales du ministère de l’intérieur, en concertation avec la direction générale de l’enseignement scolaire du ministère de l’éducation nationale.

 Il s’adresse aux maires au titre de la compétence qu’ils exercent au nom de l’ État , ainsi qu’aux présidents de conseils départementaux , dans le cadre de leur compétence en matière de protection de l’enfance .

 Il vise à les sensibiliser sur les conditions de mise en œuvre du contrôle de l’instruction dans la famille et à leur donner d es outils pour répondre aux situations permettant de penser que l’enfant faisant l’objet de l’enquête du maire est en danger ou risque de l’être.

 Ayant une portée opérationnelle, ce guide n’a pas vocation à fournir une analyse juridique des dispositifs applicables.

 Il encourage une action concertée des services de l’État, des collectivités territoriales, de l’autorité judiciaire et des associations appelés à connaître, à des degrés divers, du sujet de l’instruction dans la famille.

 Compte tenu de la transversalité des problématiques soulevées, le guide est présenté sous la forme de fiches pratiques .

Ce guide est publié sur le s site s intranet de la direction générale des collectivités locales et de la direction générale de l’enseignement scolaire .

DÉCLARATION COLLECTIVE POUR UNE RÉAPPROPRIATION DU DROIT DE CHOISIR LE GENRE D’ÉDUCATION À DONNER À LEURS ENFANTS

Des personnes concernées par la liberté de l’instruction et notamment par l’instruction en famille ont rédigé une DÉCLARATION COLLECTIVE POUR UNE RÉAPPROPRIATION DU DROIT DE CHOISIR LE GENRE D’ÉDUCATION À DONNER À LEURS ENFANTS.


Si vous vous sentez concernés par cette déclaration ou si vous souhaitez apporter votre soutien, vous pouvez signer cette déclaration.
Il suffit de la copier-coller et de la renvoyer signée à l’adresse suivante avant le 10 septembre pour un premier envoi, d’autres suivront :


La Maison des Escargots
Bois Boisseau
58800 Cervon



Si vous pensez que d’autres personnes de votre entourage puissent être intéressées, ajoutez leur signature à la suite de la votre.



DÉCLARATION COLLECTIVE POUR UNE RÉAPPROPRIATION
DU DROIT DE CHOISIR LE GENRE D’ÉDUCATION
À DONNER À NOS ENFANTS
Août 2016


À la Présidence de la République, Au ministère de l’Éducation nationale,
En tant qu’autorité légitime,
En tant que personne légalement responsable,
Et au nom de l’intérêt supérieur des enfants,
Je fais partie de ces parents ou je soutiens ces parents qui déclarent sur l’honneur que ces enfants reçoivent une instruction conformément à la Constitution française, aux textes internationaux et à la législation française*.
Je fais partie de ces parents ou je soutiens ces parents qui assument la responsabilité pleine et entière du droit à l’instruction de leur(s) enfant(s) et qui déchargent de fait l’État de toute responsabilité à leur égard.
A l’heure actuelle, l’exercice de ce droit fondamental est conditionnel car il est subordonné à une obligation de déclaration annuelle et à une obligation de contrôles. Ce qui revient finalement à en demander l’autorisation puisque chaque année l’administration décide arbitrairement si nous pouvons continuer à exercer ce droit.


« Notre priorité est d’assumer auprès de nos enfants, comme nous le faisons depuis leur naissance, ce à quoi nous nous sommes engagés en les menant au monde et non de lutter pour un droit qui est inaliénable et qui ne doit donc pas être remis en question chaque année. »


* « Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants » (article 26- 3 de la Déclaration Universelle des Droits de Homme, 1948)
* « Le droit des parents d’assurer l’éducation et l’enseignement de leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses, philosophiques et pédagogiques. » Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne, 2002, article 14-3.
* Protocole additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales du 20 mai 1952, Article 2 du protocole additionnel N°1 : « Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction. L’Etat, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques. »

Le regard de Hugo, 25 ans, ex-IEF, sur les changements législatifs et règlementaires en cours.

Je réagis sur la loi qui concerne les nouvelles restrictions sur la liberté d’enseignement. Je suis toujours étonné de voir des débats sans témoignages directs des personnes concernées. Je suis allé à l’école de la maternelle au CM2 et j’ai suivi une instruction à domicile pendant 9 ans. Ce texte n’est qu’une déclaration personnelle basée sur mon expérience et mes échanges avec d’autres personnes.
Je tiens à rappeler certains faits, pratiquer l’instruction à domicile n’est pas sans contrainte, elle entraîne la visite d’une assistance sociale et des contrôles annuels. C’est à dire qu’un représentant de l’état vient chez vous, vérifier le cadre de vie de l’enfant. Vous allez me dire mais oui c’est normal, il faut s’assurer que l’enfant n’est pas maltraité, que tout se passe pour le mieux. Je rappelle que pour l’année 2015 : 98.000 enfants sont identifiés comme étant maltraités et vont pourtant à l’école. Qu’est-ce qui justifie la présence chez nous d’une assistante sociale ? Alors que nous faisons un choix de vie qui devrait être anodin. Et dans ce cas pourquoi toutes les familles de France ne reçoivent pas la visite d’une assistante sociale ? C’est très clairement perçu comme une stigmatisation, aucune famille ne vous dira qu’elle a passé un bon moment avec un inconnu assis dans son salon qui pose des questions sur sa vie privée. Comment ne pas vouloir rejeter ce jugement ?
Ma famille n’a commis aucun crime. Seulement la loi nous étiquette d’office comme étant une situation à risque pour l’enfant. C’est triste. Sans parler des contrôles qui reviennent chaque année. J’en ai passé plusieurs, et c’était un facteur de stress important pour moi. J’avais le sentiment absurde de devoir rendre des comptes, d’avoir à me justifier de vouloir étudier chez moi. Je me souviendrai toujours d’un contrôle que j’ai passé à 15 ans. Je m’étais déplacé dans un collège, où 6 à 8 professeurs, soit environ un par matière nous attendaient. La pression était énorme, en plus d’affronter des adultes inconnus j’allais être interrogé sur des notions qui ne m’étaient pas familières. Je n’avais aucun des codes de l’école. Donc forcément, le stress n’aidant pas, je n’ai retrouvé aucun de mes repères dans les exercices qu’ils me donnaient. Ils ont porté un jugement, parfois très dur sans se soucier du véritable contexte de mon apprentissage. Je ne suivais pas le programme de l’Éducation nationale, je ne vois pas l’intérêt de reproduire un même schéma d’étude à la maison. Je le redis aux inspecteurs ça ne sert à rien de vouloir nous imposer un parcours encadré, quasi millimétré de nos 7 ans à nos 17 ans, Napoléon à 9 ans, la seconde guerre mondiale à 14 ans. Il n’y a pas d’âge pour l’histoire, la seule donnée qui compte c’est la curiosité, je le mesure encore plus à 25 ans. Quand je suis vraiment intéressé par un sujet, que ce soit les grecs, l’inquisition ou la guerre froide, je vais lire des livres, des articles, regarder des documentaires, je vais utiliser ma motivation comme moteur de découverte. Je ne dis pas que c’est un processus qui doit se faire seul, si je peux échanger avec une autre personne c’est encore mieux. Mais que la démarche vienne de soi c’est très important, s’investir autant dans la collecte de données pour satisfaire sa propre curiosité assure une bonne mémorisation. C’est la base de l’instruction à domicile : une totale liberté d’études. Personne n’est là pour me dire : aujourd’hui tu dois apprendre cette notion, ou t’intéresser à un tel. Cet effort l’enfant doit le faire par lui-même car il est fondateur, il affirme sa confiance en soi et sa personnalité parce qu’il en est l’initiateur. Je rappelle que c’est ici mon propre ressenti par rapport à l’enseignement, je ne veux pas faire de généralités, je conçois tout à fait que d’autres enfants apprennent différemment. Mais moi je ne veux plus de cette « recette éducative » que l’éducation nationale fait ingurgiter à des millions d’enfants, je n’en veux ni pour moi ni pour mes enfants. Elle est peut être optimisée pour l’excellence, pour tirer les gens vers un élitisme, mais je ne suis pas intéressé par la performance. Pas ici, pas pour ça, c’est trop important pour que je cherche à me comparer aux autres et à être le meilleur. J’ai fait le choix de l’échange et de l’introspection comme équilibre intérieur, il n’y a pas de place pour la compétition et l’uniformité.
Cette fissure entre l’école et la maison, je l’ai ressenti quand cet inspecteur m’a lancé au visage que je serai incapable de passer le bac en géographie. Franchement maintenant que je suis adulte, je me demande l’intérêt d’une telle réflexion. L’homme qui m’interrogeait devait avoir une quarantaine d’année donc probablement plus de 20 ans d’expérience dans l’éducation. Et seulement après 15 minutes d’échange il a conclu sévèrement que je serai incapable de passer le brevet en géographie. Je l’avais obtenu un an auparavant ! Et, le bac quelques années plus tard. Quelle satisfaction a-t’il pu tirer d’une telle déclaration ? Où est la pédagogie et le respect ? Un enfant ou un adolescent est une personne sensible. Ne pas mesurer le poids de ses mots lorsqu’on est adulte et encore plus un « pédagogue » reconnu par l’état, c’est grave. Penser que ce genre d’attitude dominante ou dénigrante n’a pas d’impact sur la psychologie d’un enfant est faux. La charge émotionnelle peut être énorme, et l’enjeu paraît déterminant pour l’enfant. Son cadre de vie est remis cause, et s’il ne correspond pas aux attentes des contrôles, il retourne à l’école. Sous quel prétexte se permettent-ils de remettre en cause un tel équilibre ? Parce qu’il apprend un peu moins vite ou différemment ? Parce qu’il a moins de culture générale ? Parce qu’il n’écrit ou ne lit pas encore très bien ? Ça veut dire quoi ces questions, être au niveau par rapport à qui ? Par rapport à un standard de lecture ? Je parle d’enfant, chacun devrait être libre d’avancer à son rythme et ne pas voir cette différence étiquetée. Je pose donc cette question : Comment pouvez vous humainement imposer de telles pressions à des enfants ? Je ne comprends pas pourquoi des enfants et des parents doivent subir de telles pressions. Alors que nombre de collégiens ne savent pas lire, et que 20% des élèves de 15 ans sont considérés en échec scolaire. Un budget de 88 milliards d’euros par an est alloué à l’Éducation nationale pour appliquer un enseignement qui ne fonctionne que partiellement et inéquitablement. Mes parents ont fait leur travail d’enseignement et d’écoute en s’adaptant à chaque enfant, sans recevoir d’argent de l’état.
Certaines personnes ont aussi rappelé que nous étions des enfants de la République et que de ce fait, ils devaient se soucier de notre « sécurité » et de notre éducation. En dehors du droit d’avoir un nom, une nationalité, et un accès gratuit à une éducation, il est aussi indiqué dans les droits de l’enfant que l’état doit respecter son opinion. Si la liberté est une valeur de la République, admettre que des individus pouvant avoir des trains de vie différents sans contraintes et sans défiance pourrait être un point de départ. Tous les enfants ne sont pas heureux à l’école, c’est un fait, certains s’en accommodent très bien, d’autres non. Je n’ai pas la prétention de dire qu’il n’y a qu’une seule réponse à une question aussi complexe. Mais on est forcé de reconnaître que des adultes ont eu une mauvaise expérience de l’école, certains en ont souffert. Contraindre des enfants à rester 6 à 7h assis, à écouter une même personne pendant 2h ou 3h, rentrer à la maison à 17h et travailler deux heures de plus pour intégrer les notions abordées dans la journée. Où est la créativité ? L’énergie, la motivation ? La spontanéité ? L’esprit de découverte fondateur ? De ne pas construire seulement ses connaissances autour de notions mathématiques quand adulte certains utilisent avec peine des multiplications… En réalité votre système est dur, noté, hiérarchisé, compétitif, réducteur et le mien est souple, doux, créatif, curieux et motivant. Il y a des banquiers, des peintres, des avocats, des musiciens, des médecins, des pompiers, tous sont différents, certains sont à l’aise et se reconnaissent dans le sport, la biologie, les livres, l’informatique… et pourtant aucun ne vaut moins que l’autre.. Cette égalité devrait se retrouver chez les enfants et pourtant on les forcent à apprendre les mêmes matières, on les notent et les classent par ordre de grandeur. Je ne me reconnais pas dans votre système et pourtant je le respecte . Seulement Vous éditez des lois qui contraignent encore plus ma manière de vivre, petit à petit vous étouffez et limitez ma liberté. Vous voulez l’encadrer sous prétexte de vouloir mieux la contrôler. Je vous le redis la différence est un fondement de la république, de l’humanité, et elle doit être respectée. Je ne parle pas de femmes battues, de drogue, d’alcool, de meurtres, je parle d’enfants qui échangent avec leurs parents, qui lisent, jouent, regardent des documentaires, font du sport, écrivent, dessinent. Pourquoi consacrer tant d’énergie à le reformer dans votre sens ? Alors qu’il s’épanouit déjà de lui même. Arrêtez… Vous pensez peut être bien faire, mais prenez le temps d’observer car des parents et des enfants font un choix très important.
J’aimerai finir sur une autre remarque qui revient souvent : la socialisation de l’enfant sans l’école. Socialiser c’est s’adapter à la vie en société. Une classe c’est un échantillon de 30 élèves d’âge équivalent et un référent adulte, le professeur. Peut-on vraiment affirmer que c’est un exemple sociabilisation ? Je ne le pense pas. Echanger avec de nombreux adultes sur un pied d’égalité, grandir avec des enfants plus jeunes ou plus vieux, être au contact de personnes âgés tout ça forme un vrai tissu social. Avoir un aperçu dans sa jeunesse du monde du travail par l’observation ou en participant est un facteur de socialisation. Voyager et se confronter à de nouvelles cultures c’est socialiser. Je n’ai jamais eu aucun mal à me faire des amis et mes frères et sœurs encore moins. A travers n’importe quelle activité sportive ou ludique il est aisé d’entrer en contact. J’ajouterai même que si nous étions plus nombreux à avoir cette approche, il serait encore plus simple et stimulant d’échanger. Quand une personne vous affirme que de travailler chez soi c’est tuer la sociabilité de l’enfant, que c’est l’enfermer, je vous réponds qu’il a tort. Penser sans connaître, juger sans observer ou échanger, c’est admettre que l’on réduit le monde à sa pensée. Il n’y a aucune velléité de pouvoir ici, aucune volonté de restreindre un enfant. C’est un monde dont les fondations sont le respect de l’autre, l’échange et la confiance. Il n’y a pas d’autres enjeux que ceux que les enfants veulent se donner, si jouer et être heureux en font partie, je suis le premier à y adhérer.
Hugo Vincent, 25 ans.

Sénat : Le Collect’IEF demande rendez-vous …

Objet : Instruction en famille – Demande d’une audition dans le cadre de l’examen du Projet de loi Égalité et Citoyenneté – Article 14 bis (modification de l’article L.131-10 du Code de l’éducation)

À Madame Dominique ESTROSI-SASSONE,

À Madame Françoise GATEL,

Vous allez examiner l’article 14 bis1 du projet de loi Égalité et Citoyenneté.

Nous souhaitons revenir sur cet article introduit par le gouvernement sous la forme d’un amendement voté par la Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi à l’Assemblée nationale. 

Comme l’a précisé M. le député, Pierre Morel-A-L’Huissier, « L’amendement signifie qu’il n’y a pas eu d’étude d’impact ni d’avis du Conseil d’État. ».

La ministre de l’Éducation nationale, interpellée par les associations et les écoles hors contrat, n’a pas répondu à nos questions et courriers au lendemain de sa conférence de presse du 26 mai, ni à celles des députés dans le cadre de la Commission et n’a pas daigné être présente lors des débats à l’Assemblée nationale.

Nous nous interrogeons également comme Mme la députée, Isabelle Le Callennec, sur « la présence de cet article dans le titre Ier de la loi Égalité et citoyenneté, qui traite de réserve civique, de service civique et autre journée défense-citoyenneté. ». Comme l’a souligné M. le député, Noël Mamère, « c’est la marque d’une conception sectaire et univoque de la pédagogie et l’éducation, que de vouloir nous fourguer ce cavalier ».

Cet article se rapporte à un principe constitutionnel, celui de la liberté de l’enseignement. Le gouvernement prétend que cet article ne remet rien en cause. 

Pourquoi, alors, l’avoir introduit dans ce projet de loi ?

Le choix de l’instruction est basé sur un principe fondamental (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948, article 26-3) et à ce titre, il ne peut être remis en question au gré de l’actualité. 

Depuis 1998, l’instruction en famille (IEF) est encadrée par un dispositif qui contraint les familles à faire des déclarations annuelles à la mairie et à l’inspection académique. Des enquêtes doivent être conduites tous les 2 ans par les services de la mairie et des contrôles pédagogiques sont effectués chaque année par les inspections académiques.

Il y a un an, au lendemain des attentats perpétrés sur le sol français, le gouvernement avait exprimé sa volonté de renforcer les contrôles dans le cadre de l’instruction en famille pour lutter contre la radicalisation. En mai dernier, ce n’était plus la radicalisation qui justifiait les récentes mesures législatives et règlementaires mais la « recrudescence » du nombre des enfants en IEF.

Pourtant lors des débats à l’Assemblée nationale, M. le rapporteur, Razzy Hammadi, évoque bien la possibilité de « cas d’enseignement fondamentaliste », tout en disant par ailleurs qu’ « il n’est pas question que de cela », c’est-à-dire de « l’enseignement du wahhabisme ou du salafisme ».  

Depuis 2002, les rapports successifs de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) ont montré qu’il n’y avait pas de lien entre l’IEF et l’embrigadement sectaire. Pour preuve, même M. le député Georges Fenech, par ailleurs membre de la MIVILUDES, a co-signé un amendement de suppression de l’article 14 bis.

Aujourd’hui, de nouveau, une nouvelle menace, le radicalisme, justifie pour le gouvernement le renforcement des contrôles et restreint de fait la liberté pédagogique.

Comme l’a déclaré M. le député, Noël Mamère : « La réalité, c’est qu’il y a toujours un risque – la démocratie en est un […] ». Et, « Si chaque enfant doit être protégé, il ne doit exister aucune école ghetto […] ». 

L’école française est effectivement la championne des inégalités sociales.

Nous pensons, comme M. le député, Noël Mamère, que « Les enfants en danger ne sont pas forcément là où on croit ! » et les faits nous montrent, comme l’a déclaré M. le député, Jacques Bompard, que « La radicalisation se fait dans l’école de la République, parce que la mixité n’existe plus du tout ».

Un récent classement indique par ailleurs que « la France enregistre un recul de neuf places dans le classement établi par le séminaire Ecole et République, par rapport au classement Pisa de l’OCDE. » (Collège des Bernardins). Un rapport de 2012 du Haut Conseil de l’Éducation montre que « 25 % des élèves ont des acquis fragiles, 15 % connaissent des difficultés sévères ou très sévères tant en fin d’école primaire qu’en fin de collège », soit 40 % des élèves !

Que deviennent ces enfants ? Quel est le recours des familles contre l’institution ? 

Alors qu’en parallèle dans le cadre de l’IEF, les familles dont les contrôles sont jugés insatisfaisants, selon les critères de l’Éducation nationale (subjectifs malgré leur caractère institutionnel), sont mises en demeure de scolariser leur(s) enfant(s).

Les familles font le choix de l’IEF pour des raisons diverses : choix pédagogiques et éducatifs, besoins spécifiques des enfants (état de santé), respect des rythmes de vie et d’apprentissage, des centres d’intérêt (sportifs, culturels), voyages, difficultés rencontrées dans le milieu scolaire (violence, phobie scolaire, …). 

La liberté de choix en matière d’instruction permet de respecter la diversité d’une population française hétérogène et d’offrir des solutions dans des situations parfois dramatiques. Les progrès technologiques facilitent l’accès à l’instruction et la décentralisation des savoirs. Les familles en IEF ne sont pas recluses et les enfants ne sont pas désocialisés parce qu’ils ne fréquentent pas l’école. Bien au contraire, l’instruction en famille ouvre les enfants au monde. Ils ont la possibilité de fréquenter divers milieux, de rencontrer des personnes d’âges différents, et de participer à divers projets. L’instruction en famille n’est pas seulement un choix pédagogique, c’est aussi un choix éducatif qui implique des choix de vie avec des valeurs basées sur le respect de l’environnement et des rapports à l’autre. « Il ne s’agit pas d’un repli sur soi, comme on pourrait le penser, puisque, j’insiste sur ce point, on voit parfois s’organiser une dynamique collective. » comme l’a relevé M. le député, André Chassaigne.

L’instruction en famille est cependant perçue depuis 1998 comme une menace. Cette posture, instrumentalisée à des fins politiques, nous est inacceptable alors que depuis de très nombreuses années, nous communiquons régulièrement sur cette réalité et qu’en certains endroits, l’administration refuse encore aux familles la possibilité de présenter et d’expliquer leurs choix éducatifs, pédagogiques, philosophiques.

Le ministre, M. Patrick Kanner, qui a présenté cet amendement, justifie ces changements par la « multiplication des demandes préalables à l’acceptation du contrôle, manœuvres dilatoires ou recherche de médiatisation, la « présence d’huissiers, d’avocats lors des contrôles », « les refus du contrôle au domicile, […] ».

Mais à aucun moment, il ne pose la question des raisons qui poussent les familles à de telles extrémités, souvent douloureuses et qui ont de surcroît un impact financier important en grévant le budget familial au détriment d’autres dépenses (Note : les familles en IEF assument seules les dépenses inhérentes à l’instruction et n’ont d’ailleurs pas droit à l’Allocation de rentrée scolaire). Où réside l’égalité ? Quelles sont les possibilités de faire face à la parole institutionnelle, sinon celle de se prémunir pour garantir le respect du cadre législatif en vigueur d’autant que la menace est souvent utilisée par l’administration pour faire céder les familles.

Notre expérience nous confronte surtout aux refus de l’administration d’organiser des contrôles au domicile et au manque de respect des choix éducatifs des familles par les personnes chargées des contrôles.  

Cet article vise en fait « à faciliter la vie de l’administration » comme l’a également souligné M. le député, M. Patrice Verchère, en utilisant comme sanction, la mise en demeure de scolarisation, au bout de deux refus supposés de contrôle.

Jusqu’à présent, en ce qui concerne le lieu du contrôle, les familles faisaient valoir leurs droits, en s’appuyant sur l’article L.131-10 du Code de l’éducation qui prévoit que le contrôle puisse se dérouler « notamment au domicile ». Et c’est bien ce que le gouvernement leur reproche !

Une récente jurisprudence a par ailleurs « déduit que l’administration ne dispose pas d’une totale liberté de choix du lieu du contrôle » (T.A. Limoges, 6 février 2014, n°1201087). De plus, au moment de l’adoption de la loi en 1998 sur le renforcement de l’obligation scolaire, les législateurs avaient voulu « que le contrôle se déroule dans un endroit où l’enseignement de l’enfant a lieu : Rapport du Sénat N°109, lundi 29 juin 1998, p.112 : amendement n°19, présenté par le gouvernement : Mme Royal commente : « L’enseignement pouvant être dispensé chez un tiers, il convient de laisser le choix du lieu du contrôle. » ; rapport N°1250, séance de l’Assemblée Nationale du 10 décembre 1998, p.22 : « [Le contrôle] pourra être exercé dans tous les lieux où des enseignements sont donnés à l’enfant, au domicile des parents mais aussi chez un voisin ou dans une famille proche par exemple. ».

Quant à la liberté de progression, fonction du rythme propre à chaque enfant, les familles ont reçu depuis 1998, de la part des gouvernements successifs la garantie que les procédures d’évaluations ne sont pas applicables aux enfants instruits en famille et que l’autorité compétente en matière d’éducation doit contrôler la progression de l’enfant en fonction des choix éducatifs des parents, dans le cadre du programme qu’ils entendent suivre, sans référence au niveau scolaire d’une classe d’un établissement d’enseignement public ou privé sous contrat (http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-54280QE.htm)

Non seulement le gouvernement se soustrait au débat parlementaire mais il veut museler les familles et contraindre les enfants à la logique scolaire en les soumettant aux attendus de fin de cycle du socle et à des exercices écrits ou oraux dans la plus totale négation des principes constitutionnels que sont la liberté de conscience et la liberté de l’enseignement.

En effet, le gouvernement a déjà rédigé un décret, qui sera publié cet été et qui prévoit de modifier le contrôle du contenu des connaissances requis des enfants instruits dans la famille ou dans les établissements d’enseignement privés hors contrat2.

Le Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE), qui a adopté le décret, compte 97 membres mais il n’y siège aucun représentant de l’instruction en famille et des écoles hors contrat. Elles ont donc été mises devant le fait accompli de cette nouvelle règlementation, quelques jours avant la conférence de presse de la ministre de l’Éducation nationale, le jeudi 26 mai dernier.

Dans le cadre de l’instruction en famille, nombreux sont les parents qui font le choix de ne pas suivre les programmes scolaires, conformément au principe de la liberté de l’enseignement, et par conséquent, « la progression retenue » par les familles ne correspond pas aux attendus de chaque fin de cycle d’enseignement. Si l’Éducation nationale considère que la même « logique » doit être imposée à tous les enfants du même âge et au même moment, ces familles observent, elles, à l’instar de Peter Gray, chercheur au Boston College, qu’il n’y a pas de « logique prévisible » pour les enfants instruits à domicile que ce soit dans le cadre de l’apprentissage de la lecture ou dans tous les autres domaines.

Nous avons le sentiment, comme l’a exprimé M. le député, Nicolas Dhuicq, « que le Gouvernement veut, par cet amendement, imposer une vision normative unique de ce que doit être non seulement l’éducation, mais aussi l’instruction. ».

Le gouvernement se défend de remettre en cause la liberté de l’enseignement mais notre expérience du terrain et les justifications fallacieuses du gouvernement concourent à nous prouver le contraire.

Il a déclaré en effet que c’était la « recrudescence » des enfants en IEF qui exigeait de telles mesures. Mais l’augmentation, de l’ordre de 30 % en 5 ans, ne fait grimper le seuil des enfants instruits en famille à seulement 0,09 % des enfants relevant de l’instruction obligatoire. En 2014-2015, le nombre des enfants en IEF est de 7314, sur un total de 8,1 millions d’enfants3

Le gouvernement a également prétexté un manque d’effectivité des contrôles alors qu’il y a une nette progression depuis 2006, de 50 % en 2006-2010 à 70 % en 2014-20154.

Pour le tiers restant, comme l’a fait remarquer M. le député, Gilles Lurton, « l’absence de contrôle est très majoritairement le fait de l’administration, qui programme tardivement les contrôles, à moins qu’elle n’y procède tout simplement pas, faute de personnel. Aussi, dénommer cela un « refus de contrôle » revient à inverser la responsabilité, ce qui ne correspond pas à la réalité des faits. Nous pensons, pour notre part, que vous avez tout à fait les moyens d’imposer un contrôle à une famille qui le refuserait ou, à défaut, de prendre des sanctions. ».

Le dispositif en place est en effet déjà fort contraignant pour les familles5 et l’administration ne se prive pas d’en user et d’en abuser souvent, d’où la récente judiciarisation que le gouvernement reproche aux familles qui ne souhaitent plus se laisser faire.

Le gouvernement reporte sur les familles la responsabilité des difficultés actuelles et passées alors qu’il ne se donne pas les moyens d’organiser des contrôles respectueux des choix des parents et de former ses agents à la diversité pédagogique. C’est l’expression d’une volonté d’uniformisation et de soumission à l’évaluation qui piétine les libertés les plus fondamentales et le développement nécessaire de la diversité pédagogique.  

Nous souhaitons être auditionnés par votre groupe de travail pour apporter les éclairages nécessaires sur la réalité de l’instruction en famille et sur les difficultés de communication entre l’administration et les familles.

Nous vous prions d’agréer, Mesdames les rapporteurs, l’expression de notre considération la plus distinguée.

Le Collect’IEF

Contacts :

Fabienne Degorce 06 22 32 80 29

Valérie Vincent 06 99 64 87 32

1Article 14 bis du projet de loi Égalité et Citoyenneté

L’articleL. 131 10 du code de l’éducation est ainsi modifié :

1° Le quatrième alinéa est ainsi modifié :

a) La première phrase est ainsi rédigée : « L’autorité de l’État compétente en matière d’éducation détermine les modalités et le lieu du contrôle. » ;

b) Au début de la seconde phrase, le mot : « il » est remplacé par le mot : « elle » ;

2° Au sixième alinéa, après le mot : « connaissances », sont insérés les mots : « et des compétences » ;

3° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :

« L’autorité compétente de l’État en matière d’éducation met également en demeure les personnes responsables de l’enfant de l’inscrire dans les quinze jours dans un établissement d’enseignement public ou privé lorsqu’ils ont refusé deux fois de suite sans motif légitime de soumettre leur enfant au contrôle annuel prévu au troisième alinéa et de faire connaître au maire l’établissement scolaire qu’ils auront choisi.

2Décret relatif au contrôle du contenu des connaissances requis des enfants instruits dans la famille ou dans les établissements d’enseignement privés hors contrat

Article1

L’article D. 131-12 du code de l’éducation est remplacé par les dispositions suivantes :

« D. 131-12. L’acquisition des connaissances et compétences est progressive et continue dans chaque domaine de formation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture et doit avoir pour objet d’amener l’enfant, à l’issue de la période de l’instruction obligatoire, à la maîtrise de l’ensemble des exigences du socle commun. La progression retenue doit être compatible avec l’âge de l’enfant et son état de santé, tout en tenant compte des choix éducatifs effectués.

Le contrôle de la maîtrise progressive des acquis du socle commun est fait au regard des objectifs de formation attendus à la fin de chaque cycle d’enseignement de la scolarité obligatoire. »

Article2

Après l’article D. 131-12 du même code, il est ajouté un article D.131-13 ainsi rédigé :

« Le contrôle de l’acquisition des connaissances et compétences prescrit par l’autorité de l’État compétente en matière d’éducation se déroule sous la forme d’un entretien avec les personnes responsables de l’enfant soumis à l’obligation scolaire en présence de ce dernier. L’enfant est ensuite soumis à des exercices écrits ou oraux ».

3Enquête de la DGESCO

http://www.education.gouv.fr/cid103081/garantir-le-droit-a-l-education-pour-tous-les-enfants.html

4 L’enquête de la DGESCO indique qu’en « 2014-2015, 24 878 enfants étaient scolarisés à domicile. Ils étaient 18 818 en 2010-2011 et 13 547 en 2007-2008. ». Toutefois il est important de distinguer les enfants scolarisés à distance et les enfants en IEF. Ce sont deux dispositions légales bien distinctes dans le Code de l’éducation. Les enfants scolarisés dans les établissements à distance ont un certificat de scolarité et des avis de passage dans la classe supérieure et leurs parents peuvent prétendre à l’allocation de rentrée scolaire (ARS) alors que ce n’est pas le cas pour les familles en IEF. 

5 Dispositif pour la protection de l’enfance

Tout d’abord, la réforme de la protection de l’enfance a créé et défini la notion d’ « informations préoccupantes » ; aux termes de l’article R. 226-2-2 du Code de l’action sociale et des familles, « L’information préoccupante est une information transmise à la cellule départementale mentionnée au deuxième alinéa de l’article L. 226-3 pour alerter le président du conseil départemental sur la situation d’un mineur, bénéficiant ou non d’un accompagnement, pouvant laisser craindre que sa santé, sa sécurité ou sa moralité sont en danger ou en risque de l’être ou que les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises ou en risque de l’être. La finalité de cette transmission est d’évaluer la situation d’un mineur et de déterminer les actions de protection et d’aide dont ce mineur et sa famille peuvent bénéficier. » Ce dispositif, on le voit, permet au département d’intervenir et d’évaluer la situation des mineurs concernés.

Parallèlement, un signalement peut être fait au procureur de la République. Les parents, détenteurs de l’autorité parentale, ont pour obligation de déclarer l’instruction en famille de leur enfant. La vérification de l’instruction par les services de l’éducation nationale est prévue par l’article L. 131-10 du code de l’éducation. Un parent qui se soustrait à ses obligations légales concernant l’éducation de son enfant peut faire l’objet de deux types d’interventions judiciaires. Le juge des enfants peut se saisir de lui-même, sur le fondement de l’article 375 du Code civil, et ouvrir un dossier d’assistance éducative si les conditions de l’éducation de l’enfant sont « gravement compromises ». Aux termes de cet article, « Si la santé, la sécurité ou la moralité d’un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d’assistance éducative peuvent être ordonnées par la justice à la requête des père et mère conjointement, ou de l’un d’eux, de la personne ou du service à qui l’enfant a été confié ou du tuteur, du mineur lui-même ou du ministère public. Dans les cas où le ministère public a été avisé par le président du conseil départemental, il s’assure que la situation du mineur entre dans le champ d’application de l’article L. 226-4 du Code de l’action sociale et des familles. »

Enfin, les parents peuvent aussi faire l’objet de poursuites pénales pour abandon d’enfant. Aux termes de l’article 227-17 du Code pénal, ce délit se définit par « le fait, par le père ou la mère, de se soustraire, sans motif légitime, à ses obligations légales au point de compromettre la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de son enfant mineur ».

Emma, 12 ans : « Ils m’ont menacée d’aller à l’école si je n’étudiais pas. »

Pour Emma, 12 ans … « Ils m’ont menacée d’aller à l’école si je n’étudiais pas. J’ai plein d’autres qualités par exemple je suis une artiste… Une pâtissière. Une lectrice, etc. »

De quoi menace-t-on « Les collégiens de cinquième [qui] sont tombés au niveau des élèves de CM2 de 1987 » ?
http://www.lemonde.fr/…/orthographe-les-collegiens-de-cinqu…

BDone

 

BDTWO

Courrier aux députés signés par plus de 50 groupes

Le Collect’IEF a co-signé ce courrier envoyé aux députés avant les débats à l’assemblée nationale.

Plus de 50 groupes sont signataires.

Mesdames, Messieurs les députés,

Vous serez bientôt invités à voter dans le cadre de la loi « Égalité et Citoyenneté » une disposition introduisant de nouvelles modalités d’ouverture et de contrôle des écoles hors contrat et de l’instruction en famille.

Ces modifications législatives (*) conçues à la hâte, sans débat parlementaire, remettent gravement en cause la liberté d’enseignement, un droit constitutionnel indispensable à toute société démocratique et dont l’histoire est riche et longue. Cette liberté d’enseignement est plus que jamais nécessaire, étant donnée l’évolution actuelle de la sociétéappelant à un regard pluriel sur la question éducative.

En tant que principales parties concernées – écoles, associations et représentants de courants éducatifs différents – nous avons été mis devant le fait accompli et l’occasion ne nous a pas été accordée, comme pourtant annoncée, de contribuer au travail mené par le cabinet de la ministre de l’Éducation nationale.

De telles modifications législatives nécessitent de prendre le temps de l’exercice démocratique pour le rendre efficace et garantir les libertés fondamentales. Dans cet esprit, nous plaçons notre entière confiance en vous pour voter résolument contre dans son état actuel.

Nous vous prions d’agréer, Mesdames, Messieurs les Députés, l’expression de notre haute considération.

– Mouvement Printemps de l’éducation

– Communauté Européenne pour l’Education Démocratique (EUDEC France)

– Mouvement Colibris

– Association Montessori France

– Association Parents Professeurs Ensemble

– Association Créer son Ecole

– Association de Parents et Amis pour le Soutien et la Promotion de la Pédagogie Steiner- Waldorf

– Fondation Espérance Banlieues

– Fondation pour l’école

– Fédération des écoles Steiner-Waldorf

– Collect’IEF

– Libres d’Apprendre et d’Instruire Autrement

– La Maison de l’Enfant

– Ecole Dynamique

– Réseaux Ecoles du 3ème Type

– Ecole du Colibri

– Ecole Coop’cinelle

– Ecole de la Croisée des Chemins

– Ecole Oasis des Enfants, la Réunion

– Ecole Living School

– Ecole La Ferme des Enfants

– Association Graine d’école

– Ecole Domaine du Possible

– Ecole Ella

– Association Les semeurs d’école

– Association Ecole démocratique du Pays Glazik

– Association EXTRA

– Centre de Rencontres Enfantines Montessori

– Ecole inclusive et alternative du Bas-Chablais

– Ecole Autonome et Démocratique

– L’Atelier des Possibles

– Ecole du Continuum

– Objectif 100%

– Ecole Nectarine

– L’école Joyeuse

– Association Quartier Libre

– L’école à l’envers

– Association Ecole de la Nature et des Savoirs

– Association VIRA

– Ecole la Découverte

– Graine de Bienveillance

– Atelier des Petits Colibris

– Ecole Caminando

– Dès demain

– Ecole des Fourmis

– Graine des possibles

– Ecole Montessori du Morvan

– Ecole de la Montagnette

– Eduka 3000

– Le Point d’O

– Ecole la Marelle

(*) Articles 14 bis et 14 decies du projet de loi n° 3679 sur l’Egalité et la Citoyenneté

 http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta-commission/r3851-a0.asp

 Article 14 bis (nouveau)

L’article L. 131-10 du code de l’éducation est ainsi modifié :

1° Le quatrième alinéa est ainsi modifié :

a) La première phrase est ainsi rédigée :

« L’autorité de l’État compétente en matière d’éducation détermine les modalités et le lieu du contrôle. » ;

b) Au début de la seconde phrase, le mot : « Il » est remplacé par le mot : « Elle » ;

2° Au sixième alinéa, après le mot : « connaissances », sont insérés les mots : « et des compétences » ;

3° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :

« L’autorité compétente de l’État en matière d’éducation met également en demeure les personnes responsables de l’enfant de l’inscrire dans les quinze jours dans un établissement d’enseignement public ou privé lorsqu’ils ont refusé deux fois de suite, sans motif légitime, de soumettre leur enfant au contrôle annuel prévu au troisième alinéa et de faire connaître au maire l’établissement scolaire qu’ils auront choisi. »

Article 14 decies (nouveau)

Dans les conditions prévues à l’article 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnance, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, les mesures relevant du domaine de la loi ayant pour objet de modifier les dispositions du code de l’éducation relatives aux établissements privés d’enseignement scolaire, afin de remplacer les régimes de déclaration d’ouverture préalable en vigueur par un régime d’autorisation, de préciser les motifs pour lesquels les autorités compétentes peuvent refuser d’autoriser l’ouverture, de fixer les dispositions régissant l’exercice des fonctions de direction et d’enseignement dans ces établissements et de renforcer la liberté d’enseignement dont bénéficient ces établissements une fois qu’ils sont ouverts.

Un projet de loi de ratification est déposé devant le Parlement dans un délai de six mois à compter de la publication de cette ordonnance.

Grève des relations avec l’Éducation nationale

Un parent a annoncé qu’il ferait grève : « tant que je ne suis pas à égalité tant que mes enfants ne sont pas considérés comme des individus à part entière, pleinement reconnus dans leurs libertés individuelles tant que mes choix ne sont pas entendus, considérés et respectés ».

 

A Madame la Directrice académique des services de l’éducation nationale,

 

Vous nous invitez par votre courrier du 19 mai, à nous présenter, avec nos enfants en âge d’être soumis à l’obligation d’instruction, au collège M, le 24 juin, à 15h. Vous écrivez que « ce contrôle (…) doit permettre de mesurer, dans chacun des sept domaines de compétences déclinés dans le socle commun, l’évolution des acquisitions des connaissances de [nos] enfant[s], en fonction de la progression globale que [nous aurions] définie et mise en œuvre das le cadre de [nos] choix éducatifs. »

 

Madame, comme vous le savez certainement, nous participons, depuis plus de 3 ans, à un groupe de familles qui tentent, vainement, de se faire entendre auprès du rectorat. En effet, le gouffre qui sépare la vision de l’éducation nationale de la pratique de certaines familles en matière d’apprentissage et de respect des libertés individuelles, nécessite, pour un respect minimal de la liberté des choix pédagogiques des familles et des enfants, un travail d’écoute et de réelle concertation, empreint de bienveillance et de volonté d’ouverture à d’autres paradigmes éducatifs. Nous le réclamons depuis 3 ans. Nous réclamons des garanties pour que toutes les familles soient respectées dans leurs choix pédagogiques, dans toutes leurs relations avec l’éducation nationale. En attendant que nos demandes soient satisfaites, nous sommes plusieurs à ajourner les contrôles, cela nous semble le seul moyen de ne plus subir l’arbitraire et le hasard de contrôles plus ou moins respectueux, plus ou moins attentifs à nos enfants, plus ou moins encourageants, plus ou moins traumatisants… Aujourd’hui, nous apprenons avec consternation la teneur des projets gouvernementaux en matière de contrôle des apprentissages des enfants hors-école ou en école hors contrat. Non seulement nous ne nous sentons toujours pas entendus, mais encore plus, totalement méprisés dans nos tentatives de dialogue, dans nos tentatives de construction de solutions communes.Les changements de textes prévus et annoncés par Monsieur Noblecourt pour la rentrée ne permettront pas à ce que nos choix pédagogiques ou éducatifs soient respectés.

 

Nos choix éducatifs ne nous permettent pas de laisser soumettre les enfants à des exercices, d’autant moins si ces exercices ont valeur d’examen pour l’instruction qui leur est donnée, et encore moins si cela est leur seule raison d’être.

Nous ne croyons pas que « l’acquisition des connaissances et compétences est progressive et continue dans chaque domaine de formation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture », nous croyons, et surtout, nous avons constaté de nombreuses fois, auprès de personnes hors école, mais aussi auprès de personnes scolarisées, qu’au contraire les apprentissages peuvent aussi se faire de façon brutale, rapide, hachée, et dans des ordres très divers. Bien sûr, la croyance que « l’acquisition des connaissances et compétences est progressive et continue dans chaque domaine de formation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture » permet de rendre « le contrôle de la maîtrise progressive des acquis du socle commun (…) au regard des objectifs de formation attendus à la fin de chaque cycle d’enseignement de la scolarité obligatoire » pertinent, à tout le moins logiquement acceptable.

Seulement, nous ne pouvons y souscrire, cela est en totale inadéquation avec notre pratique. En outre, comme notre groupe l’a déjà écrit à propos du socle commun en 2013, tant que la définition d’une instruction acceptable, juste, et nécessaire absolument, sera celle, unique, choisie par les représentants de l’État pour les enfants confiés à l’instruction publique, il restera un écueil à la liberté de l’instruction… Comment ne pas logiquement questionner le dogmatisme et la sclérose d’une société qui édite des normes d’instruction à vocation de monopole, coercition à l’appui ? Cet écueil sauterait cependant simplement, si l’on considérait enfin que le droit à l’instruction n’était pas un devoir d’instruire coûte que coûte ni un devoir d’apprendre.
Mais laissons cela, nous entendons bien trop souvent que nous refusons l’école, les contrôles, les tests, le système… nous, les familles en IEF… Mais voyez-vous, Madame la Directrice, quand nous parlons de nous, on nous dénie l’expertise de nos vies, on nous explique que ce que nous vivons n’existe pas, ou est faux, ou dangereux, ou que cela ne peut être considéré comme acceptable. Pour nous faire avaler l’école, les contrôles, les tests, le système scolaire, une certaine vision de l’enfance, des apprentissages, une certaine idée de la réussite, scolaire, sociale, professionnelle… Il est juste que nous nous débattions.
J’aimerais pouvoir vous parler, Madame, de mes choix éducatifs, de mes difficultés de parent, de mes questionnements, de nos réussites, ou plutôt de ce que les enfants considèrent de réussites pour eux-mêmes (les voir autonomes dans la définition de la valeur qu’ils se donnent n’est pas la moindre des raisons que j’ai de me réjouir de ce qu’ils sont et deviennent). J’aimerais pouvoir partager avec vous sur les priorités que j’ai posées entre les différents domaines du socle commun, familial et global, de connaissances, de compétences et de culture, et sur la poursuite de mes questionnements éducatifs. Nous pourrions débattre des plus ou moins grands risques de plus mal maîtriser tel ou tel domaine de connaissances, de compétences et de culture qu’un autre, car nous pourrions aussi parler en connaissance de la réalité de terrain, c’est à dire celle qui prend acte du fait que peu de gens, à 16 ans, dans notre pays, maîtrisent réellement le socle commun.
Si nous étions à égalité. Si mes enfants pouvaient être considérés comme des individus à part entière, pleinement reconnus dans leurs libertés individuelles. Si je pouvais me sentir en confiance, que mes choix seront évalués non comme des déviances à une norme légitime, universelle et indiscutable, mais comme une alternative à un choix sociétal, contextuel, mouvant, à contenu en partie idéologique et politique, majoritaire à ce moment de notre histoire. Si mes choix étaient également reconnus comme contextuels, mouvants et évolutifs, à dimension sociétale, à contenu en partie idéologique et politique, minoritaires aujourd’hui ; cette minorité ne permettant pas cependant, par simple référence aux droits fondamentaux, de ne pas respecter l’intégralité de mes choix et convictions politiques et philosophiques, y compris en matière de choix pédagogiques. Mais nous ne sommes pas à égalité. Mes choix ne sont pas entendus, considérés et respectés. Mes enfants ne sont pas considérés comme des individus à part entière, pleinement reconnus dans leurs libertés individuelles. Je ne me sens pas en confiance. Je voudrais que cette situation cesse.

C’est pourquoi, Madame la Directrice, je ne serai pas présente le 24 juin avec mes enfants au Collège M. J’entame une grève des relations avec l’éducation nationale : tant que je ne suis pas à égalité tant que mes enfants ne sont pas considérés comme des individus à part entière, pleinement reconnus dans leurs libertés individuellestant que mes choix ne sont pas entendus, considérés et respectés

Je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Directrice académique des services de l’éducation nationale, l’expression de mes sincères salutations.