Camille est agacée !

Camille Buissonnière est agacée. Elle vient de se voir refuser le CNED réglementé pour sa fille par le Directeur Académique des Services de l’Education Nationale, courrier assorti d’une recommandation « pour la réussite et la socialisation de votre enfant, il est de son intérêt de suivre une scolarité normale au sein de votre établissement de secteur. »

« Mais, Monsieur le Directeur Académique des Services de l’Education Nationale,  pourquoi estimez-vous que son intérêt est là ? Qui êtes-vous pour choisir à sa place ce qui est bon pour elle quand vous n’avez jamais fait l’effort de comprendre ce qu’étaient les apprentissages autonomes ni même de vous intéresser aux diverses activités de ma fille ? Je vois vos agents se succéder, mais vous ?! Et puis c’est quoi une scolarité normale? »

Camille s’indigne. Les ministres de l’Education Nationale s’enchainent et reconnaissent un à un que l’école va mal, qu’il faut la refondre, en modifier les bases. Les rapports PISA ne placent pas l’école française parmi les meilleures. La tâche est grande, les réticences tout autant. Alors, en attendant cette école idéale, une école qui respecte les individus et non une école qui formate, Camille et son compagnon ont choisi d’instruire en famille, version unschooling. Un choix qui s’inscrivait parmi d’autres choix qu’ils ont fait pour leurs enfants. Des choix qui leur appartiennent, des choix d’amour. Des choix pas toujours faciles à vivre tant on leur rappelle sans cesse qu’ils sortent des « normes » établies.

Oui, Camille s’indigne. Elle n’a pas choisi un chemin tracé et elle voit ses libertés diminuer au fur et à mesure qu’elle avance.

Cela fait des années qu’elle joue le jeu des contrôles, véritables intrusions dans sa vie et celles de ses enfants. Cela fait des années qu’elle s’efforce de mettre dans les bonnes cases les apprentissages de ses gosses pour que ces messieurs-dames de l’Education Nationale mesurent leurs compétences respectives, cela fait des années qu’elle explique ses choix éducatifs et philosophiques, qu’elle demande à être entendue et respectée dans ces choix, qu’elle demande à ce qu’on lui fasse confiance… L’aînée de la fratrie témoigne aujourd’hui d’une certaine « réussite » (selon la norme établie là encore) : autonomie, responsabilité, intégration réussie dans le système scolaire, parce que cela répond aujourd’hui à ses objectifs.

Malgré cela on lui recommande encore d’inscrire son enfant dans unétablissement pour une « scolarité normale » quand le CNED lui permettrait effectivement une intégration en douceur. Malgré cela elle n’a encore rencontré aucun inspecteur de l’Education nationale au fait des apprentissages autonomes. Un est allé jusqu’à lui affirmer, sans se démonter, que oui, il avait lu tel et tel auteur. Seulement si cela avait été le cas, son rapport post contrôle aurait été différent, et surtout, il aurait été en capacité de faire un contrôle adapté aux choix de Camille et de sa famille et d’agrémenter son discours de quelques commentaires adaptés. Cela n’est jamais arrivé, son mépris pour tout ce qui n’était pas scolaire était flagrant. Ses successeurs semblent faire des efforts et s’intéressent, mais là encore ils ramènent tout au système qu’ils connaissent quand ils rédigent leurs rapports, et puis n’oublions pas qui les paie chaque mois ! Camille n’est pas dupe, elle ne fait que gagner du temps.

A la faveur de l’indignation des parents contre la proposition de loi qui visait à réduire l’IEF aux seuls cas d’incapacité (décembre 2013) est passée en douce une loi qui limitait l’accès au CNED réglementé. Fini l’accès pour « complaisance ». (Juste le terme est dédaigneux !) Pourtant, hormis le collège, seul le CNED réglementé peut fournir un dossier scolaire aux jeunes qui souhaitent rejoindre le cursus classique et postuler pour des classes qui demandent des dossiers scolaires. Cette option n’est plus. Une autre porte est verrouillée.

Bien sûr l’IEF est autorisée en France, mais à mesure que les gens s’émancipent les gouvernements successifs limitent les libertés sous couvert de sécurité, et notamment celle des IEF.

Que craignent donc ces gouvernements ? Camille vise le bien-être de ses enfants, elle n’est engagée dans aucun mouvement politique, ni même religieux.

Camille voit ses possibilités et celles de ses enfants se réduire. Camille est inquiète et se demande à quel moment elle va prendre le maquis.

Récite le verbe être !

POULES-1

– Je ne vais pas à l’école.

– Comment ça ?… Mais c’est obligé !

– Ben non, c’est l’instruction qui est obligatoire, pas l’école.

– Alors je claque des doigts et tu me récites le verbe être.

– Je ne sais pas ce que ça veut dire « réciter », mais je sais me servir du verbe être.

– Non, non, récite-le !

– Je ne saurais pas réciter, mais je sais vraiment très bien m’en servir dans mes phrases tout le temps.

 

La Dasen refuse sa déclaration en IEF

Maman de deux enfants, Isabelle a choisi l’instruction en famille. Depuis trois ans, elle est soumise au contrôle pédagogique organisé par les services de l’Éducation nationale. Isabelle vit ces contrôles comme de vraies confrontations au cours desquelles ses droits sont sans cesse bafoués. Elle vient d’envoyer ses déclarations d’IEF mais l’inspection refuse d’en accuser réception au titre que l’instruction n’a pas pu être vérifiée lors du contrôle organisé l’année dernière. 

Le C’IEF : En quelques mots, peux-tu définir tes choix pédagogiques ?

Isabelle : Ce qui compte pour moi, avant tout, c’est que mes enfants gardent cette envie d’apprendre avec laquelle ils sont nés et qu’ils continuent à découvrir le monde par plaisir et non pas de manière contrainte et en fonction d’un programme (le 1er est en IEF, le second a moins de 6 ans). Je les suis donc dans leurs nombreux centres d’intérêt, et les apprentissages passent avant tout par des lectures, des jeux, des réponses à leurs questions (réponses que je n’ai pas forcément, mais qu’on cherche ensemble), des sorties, etc. Du coup, notre objectif est d’apprendre en s’amusant.

Le C’IEF : Pourquoi l’inspection affirme-t-elle que l’instruction n’apas pu être vérifiée ?

Isabelle : En fait, je ne sais pas. Le 1er contrôle n’a jamais eu lieu parce que les modalités qu’ils ont tenté de nous imposer étaient inacceptables (convocation pour 2h30 de tests pour un enfant de 7 ans, sans la présence de ses parents, dans les locaux de l’inspection). Le contrôle de 2013 s’est fait à domicile dans des conditions correctes – ce n’était pas parfait, mais mon fils l’a bien vécu et n’a pas été testé. Ils ont mis 13 mois à m’envoyer le rapport, qui constate bien qu’il y a instruction.

En 2014, ça s’est compliqué : la même inspectrice est venue, agressive dès le départ. Elle a refusé de me laisser présenter l’instruction de mon fils, a coupé court à tout dialogue. Le résultat, c’est que mon fils s’est braqué : après avoir commencé à montrer ce qu’il avait préparé, il s’est fâché et a quitté la pièce. L’inspectrice l’avait quand même entendu présenter des livres qu’il avait lus et les classeurs où nous mettons tickets de musée, programmes, traces écrites, etc. Elle a pu consulter plein de choses, mais a néanmoins fait un rapport défavorable. Elle y prétend n’avoir pas pu constater l’instruction de mon fils et va jusqu’à écrire que je ne l’ai pas autorisé à s’exprimer même en ma présence…

Depuis, et bien que l’inspection n’ait pas choisi de faire un deuxième contrôle sur l’année scolaire 2013/2014, ils prétendent aujourd’hui qu’ils n’ont pas pu constater l’instruction de mon fils pendant deux années. Il leur suffirait de relire le premier rapport pour voir que c’est faux, sans compter que le second est partial et mensonger.

Aujourd’hui, après avoir tenté de nous pousser à passer par le CNED, ils prétendent nous refuser notre « demande » d’instruction en famille et n’acceptent pas de nous fournir un accusé de réception de notre déclaration. Cela ne repose sur aucun fondement légal, mais cela n’a pas l’air de les déranger outre mesure.

Le C’IEF : Quelle est l’attitude des personnes chargées des contrôles vis-à-vis de toi, de ton enfant ? Quelles sont leurs réelles motivations ?

Isabelle : En 2013, j’ai trouvé que l’inspectrice était froide, mais correcte. J’avais l’impression qu’elle ne voulait absolument pas se prononcer.Elle a tenté de nous séparer, mon fils et moi, et la conseillère pédagogique a tenté de le tester, alors même que j’avais prévenu à l’avance que cela allait à l’encontre de nos choix pédagogiques. Mais elle est restée polie et n’a pas fait de critique ouverte.
En 2014, je ne sais pas si c’est parce qu’elle est arrivée en retard qu’elle était de mauvaise humeur, ou parce que j’avais osé réclaméle rapport qu’elle refusait de m’envoyer, mais l’ambiance étaitglaciale dès son arrivée. Elle m’a dit : « je n’ai pas àvous écouter » quand j’ai voulu faire un point sur l’année encours, m’a annoncé qu’elle ne prêtait pas foi à mes déclarationsqui « ne prouvent rien » et que je n’étais pas « enposition de demander quoi que ce soit ». A nouveau, il y a euune tentative de nous séparer et de tester mon fils. J’ai eul’impression d’être jugée coupable, mais de quoi ? Mon filsbénéficie de son droit à l’instruction et nous étions prêts àle montrer. Nous avons accueilli l’inspectrice, mais que fairelorsque celle-ci refuse d’écouter et ne s’intéresse pas beaucoupaux documents et matériels qui lui sont présentés ?
Ilme semble évident que cette personne est tout sauf neutre quant àl’instruction en famille ou la manière dont nous la pratiquons. Jene sais pas quel est son objectif : nous prouver que hors école,il n’y a pas de salut ? Ce n’est pourtant pas son travail. Mais elle n’agit clairement pas dans l’intérêt de l’enfant : monfils qui a toujours adoré apprendre a fait un blocage sur lesapprentissages pendant les trois mois qui ont suivi sa venue !Et comment va-t-il réagir à l’annonce du prochain contrôle ?Personnellement, j’ai mis pas mal de temps à me remettre de lamanière dont nous avons été traités, c’était très violent.

Le C’IEF : Que penses-tu d’une manière générale de cette obligation de déclaration et de contrôles ? D’un point de vue légal, est-ce que c’est vraiment l’intérêt de l’enfant qui prime ? D’un point de vue « éducatif », est-il nécessaire d’évaluer les enfants ? 

Isabelle : Chaque année, j’ai du mal à faire ma déclaration : il ne me semble pas naturel de devoir annoncer à une administration que je m’occupe de mon fils. C’est un peu comme si j’avais dû écrire, quand il était plus jeune, que je déclarais vouloir l’éduquer moi-même… Pour moi, c’est juste une décision parentale. La déclaration a beau ne pas être une demande d’autorisation, cela y ressemble beaucoup trop. Mais c’est la loi, et je l’ai toujours respectée, j’envoie donc ce courrier à chaque rentrée.

Les contrôles, c’est encore pire puisque l’Éducation nationale est juge et partie. Certaines familles témoignent de contrôles respectueux, donc a priori c’est possible. Mais c’est trop souvent le bras de fer, il faut se battre pour faire respecter les droits de la famille, connaître la loi sur le bout des doigts et même ainsi, cela ne suffit pas toujours. La menace du signalement a de quoi faire ployer les familles qui n’oseront pas forcément refuser les tests, pourtant illégaux, ou défendre leurs choix pédagogiques. A l’inverse, quand c’est l’Éducation nationale qui ne respecte pas la loi, quel recours avons-nous ?

Les contrôles ne se passent pas toujours bien dans les familles qui ont un fonctionnement très scolaire, alors dès que l’on s’en éloigne, cela se complique encore. Comment un inspecteur de l’Éducation nationale pourrait-il apprécier les apprentissages autonomes, à moins d’être particulièrement ouvert d’esprit ? Chez nous, comme chez de nombreuses familles, les contrôles sont source de stress pour les adultes comme pour les enfants. Il est alors difficile de résister à la pression de pousser l’enfant dans tel sens ou de proposer des activités rien que pour avoir quelque chose à montrer à l’inspecteur, ce qui nous éloigne de nos choix pédagogiques. Je n’arrive pas à voir ce qui peut sortir de positif de ces contrôles. Pour l’instant, mes choix pédagogiques ont été plus d’une fois critiqués – devant mon enfant – par l’inspectrice et la conseillère, de manière plutôt arbitraire, mais aucun conseil intéressant ne m’a jamais été donné. Et, d’un côté, c’est normal, parce qu’ils ne sont pas des experts de nos enfants ni de nos choix pédagogiques.

Pour ma part, je ne cherche pas à évaluer mes fils. Je vis avec eux, j’ai donc une connaissance générale de leurs connaissances, acquisitions et intérêts. L’avantage, lorsque l’on suit leurs demandes et leur rythme, c’est qu’ils peuvent apprendre très vite ce qui les intéresse. Et comme c’est ancré dans leur vie au lieu d’être tiré d’un manuel, on en voit vite le fruit. Après, il m’arrive souvent de découvrir qu’ils ont appris telle ou telle chose sans que je ne m’en rende compte, voire sans que j’aie la moindre idée d’où cela vient. Mais ce sont de belles surprises ! Les soumettre au stress de l’évaluation ne nous apporterait rien : si, dans la vie quotidienne, ils s’aperçoivent qu’ils ont besoin – ou envie – de connaître quelque chose, alors ils s’y mettent ou trouvent une autre solution, mais leur motivation est interne et non pas liée à une note ou tout autre évaluation qui viendrait sanctionner leurs activités.

Le C’IEF : Quels sont tes recours devant le refus de l’inspection d’accuser réception de ta déclaration ?

Isabelle : J’ai demandé l’aide du Collect’IEF et de Led’a. Heureusement qu’il est possible d’être soutenu par des associations, parce que ce combat permanent est usant. Pour l’instant, malgré les courriers et appels téléphoniques du Collect’IEF, l’inspection fait la sourde oreille et tente le chantage. Ils ne feront pas l’accusé de réception, tout en reconnaissant qu’ils ont bien reçu la déclaration, tant que je n’aurai pas rencontré les services de l’inspection… En même temps, comment espérer du positif d’une telle rencontre basée sur un refus de respecter la loi et un chantage ?

Nous sommes toujours dans le bras de fer…

Interview de Monica O’Connor

Monica O’Connor is the mother of 6 children who were and some are still home educated. They live in Ireland where parents are free to provide this education in their homes according to the article 42 of the Constitution.

If the State can’t oblige parents « in violation of their conscience and lawful preference » to send their children to any kind of schools, the State, « as guardian of the common good » has control over a certain minimum education which must receive each child. 

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The Collect’IEF : Could you explain what changed since the Welfare Act in 2000 ?

Monica O’Connor : The Education (Welfare) Act 2000 states that the National Education Welfare Board has to keep a register of those not in recognised schools (Steiner,  home educated, etc)
They require parents to apply and have an authorised person meet the parent to explain what educational provision a parent plans to make for each child. They can accept that what a parent proposes meets a “certain minimum education” or they can request a “comprehensive assessment” where they meet the child and watch the parent “teach”. They are also allowed in the law to do “ongoing monitoring and assessment” where they visit a registered child at an interval (often, every 2 years, but maybe every 6 months) to check on progress.
To us this seems to take away the Constitutionally protected right of parents to provide their child’s education. We now have to ASK FOR PERMISSION. 


The Collect’IEF : Why did the Ireland government decide to make these modifications ?

Monica O’Connnor : We think that the people drafting the law thought “who is not in school?”
They decided to put truants… children and young people whose parents have enrolled them in school but they won’t attend… and home educators in the same law. That always seemed unfair.

There had been no case of neglect hidden by parents pretending to home educate.


 The Collect’IEF : Do you know how many families in Ireland home educate their children and how many don’t apply for the necessary assessment to educate them ? Are there some others parents who get trouble with the administration ? 

Monica O’Connor : There are approximately 800 children registered as receiving home education. Some estimate the true figure is probably nearly 5,000.
It’s hard to judge. In Ireland, many children begin school at 4 years of age. If you are home educating, you apply after the child is 6 years of age. There is a “free pre-school year” for children aged between 3 and 4 and 92% of children are enrolled in this. ( It used to be a direct payment to families but this was taken away, with the excuse that it would fund pre-school.)
The Home Education Network has about 140 families as members. Perhaps half of these are not registered. There is a group called Home Education Ireland (HEI) .. They advise parents to accept assessment, as they don’t want to encourage civil disobedience. But they tell members to resist Ongoing Monitoring and are campaigning to have changes made to this part of the “Guidelines on the Assessment of Education in Places other than Recognised Schools” which the NEWB drafted after the law was enacted. (Note: the NEWB ceased to exist in January 2014 and was replaced by the Education Welfare Services (EWS) of the Child and Family Agency (CFA) or TUSLA.  


The Collect’IEF : Why did you decide not to apply the assessment ? You did it before 2012 (?)

 

Monica O’Connor : We did not apply for assessment as we should not have to ask permission for a Constitutional right. We did send the NEWB a form in 2007 to state we promised to give our children a “certain minimum education”. We have no issue with registering as home educators and being supported by the Department of Education. We do have a problem with the registration being denied to families if the NEWB/EWS are unhappy with a family’s assessment.

We NEVER had our own children’s educational provision assessed. (Our children were born in 1986, 1993, 1995, 2000, 2003 and 2008). We did go through the assessment process for a 15 year old foster child (as we are not her parents) and that was done in October 2011 and the educational provision was approved and her name was added to the register in January 2012.

The NEWB kept writing to ask us to apply for assessment. When we made it clear we would not, they sent us School Attendance Notices to compel us to send our then 12 year old son, Oran, and 9 year old daughter, Elva,  to local schools. When we did not send the children to school, we were sent summons to attend the Carlow District Court and after appearing in court in March and  May 2013, we were convicted on June 6th 2013 and December 11th 2013 of “failing to cause” the 2 children to attend school. The penalty was to pay fines, €2,000 from June and €1,300 from December. The prison sentence came from not paying the fines.

The Collect’IEF : We read in the Irish Mirror that « you were guilty of not sending two of [your children] to local schools on and since, November 14, 2012. » How could you explain this delay ?

Monica O’Connor : Justice moves slowly!  

The Collect’IEF : Two gardai came to your home. Did they talk to you during the ride ? Why have you been released in the same day ? It’s so surrealistic ! And so far away from the idea of a democracy ! 

Monica O’Connor : Yes, they talked during the journey. I was afraid they were annoyed about the media coverage so stayed very quiet at first and prayed! But then we all talked about our families!
I was released the same day because the jail has 120 inmates when it was built for 80 so there is no room. Also, there is a tradition now that for non-payment of fines, people are kept in jail for a couple of hours and released.

The Collect’IEF : Did your husband go to jail too ?

Monica O’Connor : Yes, Eddie went to jail on October 11th 2014, to the Midlands Prison. He was arrested at 9.30am and released from the jail around 12.30pm.

The Collect’IEF : How do you feel today ? What happened next ?

Monica O’Connor : I am angry that our family was attacked. I am outraged that I was arrested when other (real) criminals are free.
We do not know what will happen next. Our children continue to learn at home. Another family are in court in December for a similar situation so perhaps the authorities are waiting to see the outcome  of that case.

The Collect’IEF : In France some families consider that they don’t have to register and justify why they have chosen home education for their children. Do you think it could be possible for all these families to act together in order to address to the European Court of Human Rights ? 

Monica O’Connor : The idea of a group of families going to the European Court of Human Rights is a possibility. For us, we need to decide if we want to spend our children’s childhoods fighting an unjust system. It takes such a  long time to get a decision in court (and costs so much money).


Version française à venir.

Clara Bellar, réalisatrice du film ETRE ET DEVENIR.

Dans de nombreux pays, l’école est la norme en matière d’éducation. Pourtant des parents choisissent pour leurs enfants une instruction hors école de manière à pouvoir les accompagner dans leurs apprentissages en les laissant libres d’aller là où leur curiositéet leurs intérêts les portent.

D’une volonté personnelle de comprendre le choix de ces parents est né le projet de réaliser un film sur les apprentissages autonomes : ETRE ET DEVENIR.

Le Collect’IEF est allé à la rencontre de la réalisatrice, Clara Bellar, de retour du Brésil.

-Le C’IEF : Votre film est sorti en salles en France en mai dernier. Aujourd’hui vous êtes dans l’avion, de retour du Brésil où l’instruction en famille est interdite. Ce voyage dans le pays de votre mari a été financé par des familles brésiliennes. Qu’attendent-elles de votre film ?

Clara Bellar : Que l’information circule ! Que les esprits s’ouvrent. Que la liberté de choix existe.

Ces familles ont pensé que ma présence serait importante lors desséances au festival du film de Rio, afin d’engager un dialogue avec le public et la presse sur le thème de la liberté d’instruction (pour ceux qui parlent portugais, vous pourrez voir sur le site Etre Et Devenir.com trois articles parus cette semaine dans la presse brésilienne. Ces articles sont très ouverts et positifs). Me faire venir leur a également permis d’organiser d’autres projections, aux universités de Sao Paulo et de Rio, devant une assemblée de psychothérapeutes, et pour toutes sortes de publics.

Le C’IEF : Que représente l’école au Brésil ?

Clara Bellar : Une chance d’être sauvé de sa famille, del’ignorance, de la rue. L’égalité de chances pour tous. L’émancipation de la femme qui peut travailler.

-Le C’IEF : Pourquoi certaines familles y choisissent l’instructionhors école ?

Clara Bellar : Sur les 2,000 familles qui instruisent hors école au Brésil, la moitié environ a choisi le Unschooling. D’après ce que j’ai compris, c’est, comme ailleurs, au détour de leurs lectures ou de leurs conversations, ou simplement du fait d’une grande écoute des besoins de leurs enfants, que ces familles ont rencontré ces possibilités à priori incompatibles avec la loi Brésilienne.

-Le C’IEF : Elles sont dans l’illégalité puisque l’IEF y est interdite. Comment le vivent-elles au quotidien ? Que se passe-t-il pour les familles  dans le cas où l’administration découvre que les enfants ne vont pas à l’école ?

ClaraBellar : Contrairement à la France, au Brésil les familles n’ont pas à déclarer où que ce soit leur choix d’IEF. Alors souvent, personne ne le connait, jusqu’à ce qu’il y ait une dénonciation, qui peut être d’un voisin comme d’un grand-parent. Alors il faut aller en justice, payer un avocat, et prouver que l’enfant ne souffre pas “d’abandon intellectuel”. Parfois les procès contre les familles sont archivés (sans que les familles ne gagnent ni ne perdent), faute d’arguments contre ce qui est démontré. Une famille que j’ai rencontrée à SP vient de créer un précédent, elle a pour la première fois gagné le procès en prouvant l’absence d’abandon intellectuel.

-Le C’IEF : Comment a réagi le public après la projection de votre film ?

Les réactions du public brésilien étaient-elles les mêmes que dans les autres pays européens dans lesquels le film a été projeté ?

Clara Bellar : Avec beaucoup d’émotion et une grande envie de rester ensemble et de partager à la suite. En ce sens, c’est comme à Paris au St André des Arts, où la directrice nous a dit que c’était la première fois qu’après un film et un débat-échange d’une heure, les spectateurs continuent de parler dans la rue, devant la caisse, parfois pendant des heures. Je pense que ce thème remue beaucoup de choses en nous, puisqu’il ne s’adresse pas qu’à nos enfants mais aussi aux enfants que nous étions. En cela, certaines réactions sont universelles. Mais je suis aussi étonnées e voir à quel point les échanges peuvent aller dans des directions différentes chaque soir. Je suis restée au Brésil 7 jours et 6nuits, et j’ai participé à 6 ciné-rencontres. Je n’ai pas eul’impression de tellement me répéter, à tel point les questions varient.

-Le C’IEF : Votre quête personnelle a pris une amplitude qui dépasse le cadre strictement personnel pour toucher une sphère plus « politique ». La projection d’un film comme ETRE ET DEVENIR dans un pays où l’IEF est illégale a une portée qui s’étend au-delà du simple témoignage. Comment ressentez-vous cette « responsabilité » ? Vous attendiez-vous à cela ?

Clara Bellar : Je me souviens que lors de l’écriture de la narration, cette préoccupation était présenteà mon esprit. Vers la fin du film, j’évoque cette illégalité dans deux pays proches de ma famille. Je ne m’attendais à rien, mais j’espérais certainement participer humblement à faire connaitre ce paradigme si peu connu, afin que chacun puisse bénéficier d’un véritable choix pour sa propre vie. Justement,une petite sortie guérilla est prévue en Allemagne en novembre, avec un crowdfunding Allemand cette fois, afin de tenter de me faire venir, d’organiser une projection de presse…

Ma fille Adinah se réveille …

Camille Buissonnière n’en revient toujours pas ! (suite)

– « Camille, de quoi parles-tu ? »

– « Je ne veux plus aller à l’école. »

– « Comment ça, ne plus aller à l’école ? »

– « Oui, je ne veux plus y aller. Je suis pas obligée. Je peux apprendre en dehors de l’école. »

La mère de Camille a un air plutôt perplexe. Il y a quelque chose qui lui échappe. Et comme elle est un peu pressée, elle a du mal à capter. Mais visiblement il se passe quelque chose d’important. Camille est du genre plutôt discrète. Pas du style (jusqu’à présent) à se distinguer. Pas de crise d’ados spectaculaire.
Elle n’a rien vu venir. Et ne voit toujours pas d’ailleurs où Camille, elle, veut en venir.
Camille insiste.
– « L’école n’est pas obligatoire. La plupart des gosses y vont mais c’est pas obligé. J’ai vu une émission à la télé et il y a des enfants qui font l’école à la maison. »
– « L’école à la maison ! »
Ces deux mots ensemble ne collent pas. Et du coup c’est qui la maîtresse ? Elle ? Un rictus nerveux lui déforme les lèvres.
La mère de Camille s’assoit, se fige comme si son corps, en refusant tout mouvement, laisse enfin les pensées s’écouler librement. Camille lit sur le visage de sa mère l’agitation qui la secoue. Elle sent qu’il lui faut un peu de temps. Elle attend le moment où les questions vont jaillir. Et cela ne tarde pas.
– « Comment ça tu n’es pas obligée d’aller à l’école ? Mais si l’école est obligatoire. Comment ferais-tu pour apprendre ? Tu dois passer le Bac. Comment ferais-tu sans le bac pour avoir un métier ? Et les copains ? Tous tes copains vont à l’école… »
Camille a potassé. Elle s’est doutée que ce serait de l’ordre de la crise majeure.
– « Je ne suis pas non plus obligée de passer le bac. Je peux aussi le passer en candidat libre. Et puis il y a plein d’autres moyens d’avoir un métier sans le bac. Tout le monde ne l’a pas, ne le passe pas. »
Elle n’a pas trop d’exemples à donner à sa mère. Autour d’elle, le bac, c’est la norme. On passe le bac et puis c’est tout. Comme on passe le permis voiture.
– « En tout cas, je peux essayer. M’arrêter pendant un an pour commencer, pour voir comment c’est. »
– « T’arrêter pendant un an ! Mais tu vas prendre du retard ! » La mère de Camille commence à s’affoler.
– « Du retard sur quoi ? » répond Camille sur un ton un peu agacé. « Aller à l’école ne me donne pas d’avance. Une avance sur quoi d’ailleurs, sur qui ? Que j’ai mon bac à 17, 18 ou 19 ans, ça change quoi ? Et que je ne l’ai pas, ça change quoi. Je ne sais même pas ce que je veux faire. »
– « Mais justement si tu as ton bac, tu auras plus de choix. Voyons Camille cette discussion est surréaliste. Reprends-toi ! Tu as 15 ans. Il te reste à peine 3 ans pour passer le bac… »
Camille la coupe franchement excédée maintenant : « Ben justement, j’ai déjà passé 9 ans et ces trois ans, ce sera trois ans de trop. J’en ai marre de gaspiller mon temps à attendre de pouvoir faire ce que je veux. Et d’ailleurs je ne sais même pas ce que je veux faire. Je n’ai pas le temps d’y penser, pas le temps d’essayer des trucs. J’apprends des trucs qui ne me servent à rien. Qui soi-disant pourraient me servir « éventuellement ». Quel intérêt d’apprendre des choses qui ne me serviront éventuellement pas alors que je pourrais apprendre des choses qui me servent, qui me plaisent. ».
La mère de Camille mesure dans les propos de sa fille que c’est vraiment du sérieux. Ses pensées se bousculent, c’est Camille qui la bouscule elle et son mode de pensées, son mode de vie même.

Ramin Farhangi, fondateur de « l’École dynamique »

Ramin Farhangi (actuellement enseignant en Mathématiques et Physique au lycée) a pour projet de créer en 2015 « l’École dynamique » : http://www.ecole-dynamique.org

Ce projet d’école, s’il en a l’appellation, n’a pas cependant la structure d’une école traditionnelle et s’adresse à de futurs « étudiants » qui relèveraient de l’instruction en famille.

Le Collect’IEF qui défend la liberté de l’instruction et notamment l’instruction en famille s’interroge sur cette « structure »…

– Le C’IEF : Tu es actuellement professeur en Mathématiques et Physique dans un établissement scolaire en Espagne. D’où te vient ce désir d’un tel projet ?

Ramin Farhangi : Quand j’avais 10 ans, j’adorais mon prof de CM1, et j’imaginais faire son travail un jour. Je voulais déjà expliquer les maths à mes copains, mais la classe n’était malheureusement pas organisée de sorte à ce que je puisse exercer ma passion à l’époque. Entre temps, je suis passé par le collège/lycée et la société qui porte un regard plutôt négatif sur les profs. J’y ai cru et je suis passé par la case « consultant en stratégie ». Je gagnais pas mal d’argent, mais je me suis rendu compte que ça n’avait aucune importance, et que c’était le petit Ramin de 10 ans qui avait tout compris sur qui j’étais. J’ai démissionné et je me suis engagé dans une carrière de prof. Je suis tombé dans cette école à Madrid un peu par le hasard des choses, et cette expérience a changé ma vie. J’ai découvert avec mes élèves qui fallait urgemment abolir l’école tel qu’elle existe aujourd’hui.

– Le C’IEF : Pourquoi employer le terme « école » alors que ton projet ne relève pas d’une structure scolaire ? On peut lire d’ailleurs sur le site cette interrogation : « Avons-nous besoin de 4 murs ou pouvons-nous utiliser les lieux publics et appartements des familles dans un premier temps ? » de même que cette constatation : « Un jour, nous réaliserons l’évidence d’un changement radical de l’école, voire d’abolir le système existant. »

Ne s’agit-il pas ici donc d’abolir l’école ?

Ramin Farhangi : C’est vrai que le terme « école » n’est pas idéal, mais on n’a rien trouvé de mieux pour l’instant. Si on l’appelait « club d’apprentissage » ou « non-école », j’ai peur qu’on ait du mal à attirer des familles qui ne sont pas encore aussi affranchies que Ivan Illich dans leur système de pensée. De fait, notre concept est proche du mouvement de l’abolition de l’école, vu qu’on risque de ne même pas respecter le critère de base des « 4 murs » comme tu l’as bien souligné. Nous le faisons cependant sans abolir le vocabulaire lui-même, par simple souci de pragmatisme. Nous avons déjà éliminé le mot « élève » pour le remplacer par « étudiant », histoire de rendre compte davantage de leur rôle d’acteurs, auteurs et chercheurs plutôt que simplement récepteurs d’un savoir. Nous sommes cependant dans la recherche permanente, et nous continuerons de l’être en collaboration avec les premiers étudiants: nous mettrons au vote la question de notre nom très probablement lors d’une des premières réunions.

– Le C’IEF : Au-delà de la référence à un lieu déterminé, le terme « école » renvoie au principe qu’il y a un enseignant et un enseigné. Est-ce comptable avec ce que vous avancez : « Une organisation plate, où « l’étudiant » décide et agit » ?

Penses-tu qu’il faut apprendre à apprendre ?

L’enfant n’apprend t-il pas depuis sa naissance ? Il apprend à marcher, à parler sans que cela lui soit enseigné.

Ramin Farhangi : Dans cette « école », nous apprendrons tous les uns des autres. Mes élèves de 1ère sont une source permanente de créativité et d’apprentissage pour moi, et je leur demande leur avis en permanence. Depuis que j’ai rendu mes « leçons » et tout travail optionnel, on est soudainement tous devenus des être humains normaux qui apprennent ensemble sans jugement et sans égo. L’apprentissage est un résultat spontané du vivre ensemble avec sincérité. L’abolition de l’école passe surtout par l’abolition de nos égos et les rôles sociaux qui nous sont adossés.

Je ne sais pas s’il « faut » apprendre à apprendre, mais de par mes observations, je vois que c’est un résultat heureux qu’on obtient naturellement dès lors qu’on libère l’enfant du poids d’une autorité factice, qu’on lui fait confiance à 100%, qu’on lui donne une voix et un pouvoir de décisions qui ont un impacte réel sur soi et sur la société. Apprendre et « apprendre à apprendre » vient tout simplement en vivant naturellement, et en laissant notre enthousiasme et notre curiosité naturelle nous emporter vers des projets créatifs et positifs qui apportent une valeur réelle au monde. C’est ce qu’on découvert tous les adultes qui se sentent épanouis; on se rend compte qu’on a dû désapprendre ce qu’on nous a inculqué à l’école pour désobéir aux conventions et renouer avec un soi authentique. Et malgré tout, l’aveuglement ambiant persiste, et on continue d’envoyer des enfants à l’école, même ceux qui haïssent ça du fond de leurs tripes. C’est désolant.

– Le C’IEF : Pourquoi as-tu choisi la tranche d’âge 10-20 ans ?

Ramin Farhangi : Je pense que dès 4 ans, un enfant peut s’amuser avec les plus grands et vice-versa. La mixité intergénérationnelle favorise cela. Dans un premier temps, cependant, j’ai pensé plus pratique de réduire la tranche dans les âges où les parents laissent habituellement leurs enfants se balader librement en métro dans la ville avec leurs copains. Par ailleurs, je suis personnellement plutôt doué pour travailler avec des ados et moins avec des petits enfants. Un autre argument qui m’a poussé à choisir cette tranche d’âge est qu’il existe pas mal de bonnes choses qui évoluent à l’école primaire, et qu’il faut savoir saluer même si on a un regard globalement critique sur l’école, car les pédagogies alternatives, l’abolition des notes, la bienveillance accrue des enseignants: toutes ces améliorations à l’intérieur du système vont dans une bonne direction. Au collège-lycée, la situation est catastrophique; il n’y a quasiment aucune offre de collèges-lycées garantissant les libertés de bases du jeune ado.

– Le C’IEF : Les parents qui font le choix de l’instruction en famille proposent déjà un environnement qui met en oeuvre ce que tu exposes. En région parisienne notamment de nombreuses activités sont organisées quotidiennement. Aviez-vous l’intention de vous adresser à l’origine à ces familles en particulier ou bien pensez-vous que vous pourrez intéresser d’autres parents ?

Peux-tu préciser notamment ce que proposent « [L]es encadrants expérimentés et bienveillants » ?

Ramin Farhangi : J’ai découvert seulement après l’invention de mon projet que ce type de structure existait déjà. Mon objectif n’est pas seulement d’attirer les non-sco mais aussi les scolarisés qui cherchent autre chose, les parents ouverts d’esprits qui ont mis leurs enfants dans une école primaire alternative et qui cherchent autre choses pour la suite, les enfants sur lesquels on a mis une étiquette « médiocre », « inadapté », « décrocheur » ou que sais-je, ceux qui sentent que l’école bride leur potentiel… Pour les non-sco, notre structure pourrait peut-être les intéresser pour le temps et l’énergie que nous sommes prêts à accorder aux jeunes, nos compétences et nos passions que nous souhaitons partager. Nous avons des volontaires dont le nombre grandit chaque jour qui ont des compétences diverses: arts, cirque, gym, fabrication/réparation, nature/survie en forêt/camping/écologie, santé/pharma, science/tech/robotique ainsi que toutes les matières scolaires. Nous sommes aussi ouverts au monde de la recherche (Centre de Recherche Interdisciplinaire) et de l’entreprise (éditions Playbac), et nous souhaitons accroître cette ouverture en permanence pour canaliser les énergies qui souhaitent partager leur passion avec les jeunes et peut-être générer des vocations.

– Le C’IEF : Il semble que l’école ait répondu à une période donnée à des motivations particulières qui aujourd’hui ne font plus sens et sont surtout critiquées car elles ne sont pas centrées sur l’enfant mais sur ce que l’on attend d’eux.

Tu enseigne à des jeunes, sont-ils sensibles à ton projet ? Qu’en disent-ils ? Seraient-ils prêts à te suivre ?

Ramin Farhangi : Ce n’est plus un secret, l’école a historiquement répondu à un besoin d’abrutir les enfants pour canaliser leur énergie et faire d’eux des travailleurs obéissants qui ne questionnent pas la machine industrielle et le pouvoir, ainsi que de développer le sens de l’identité nationale pour se sentir concerné et patriote au moment d’un conflit armé. Ca a fait son temps, c’est peut-être même parti d’un bon sentiment pour nous protéger de la guerre civile ou d’une agression, mais ça n’a plus aucun sens aujourd’hui. Il suffit de lire quelques pages de John Taylor Gatto pour simplement constater que cela ne relève pas d’une quelconque conspiration mais d’une réalité évidente. Aujourd’hui, on reste coincés dans ce système alors que la majorité n’y adhère plus, mais on n’ose tout de même pas en sortir. On vit aussi dans d’étranges contradiction, à admirer Gandhi alors qu’il était très critique du système d’éducation occidental. De mon côté, j’admire Gandhi pour de vrai, jusque chaque parole et chaque action que ce grand monsieur a entrepris.

Dans mon école à Madrid, j’ai déjà beaucoup œuvré dans le sens de changement radicaux que les élèves ont tout de suite épousé. J’ai lancé un projet « soyons le changement » auquel une vingtaine d’élèves participent activement. Ils organisent des TED class, ou on regarde Logan Laplante et Ken Robinson et on questionne le sens de l’école. Ils interviewent les gens dans l’école et leur demandent quelle école ils aimeraient avoir dans 5 ans et comment on y arrive. Ils ont lancé un journal de l’école, orienté « voix des élèves et esprit critique ». On a organisé des assemblées démocratiques hebdomadaires où les profs et les élèves s’assoient en cercle et construisent des solutions ensemble. Ces bouleversements sont tous possibles car il suffit de ne demander la permission à personne et de simplement agir. Une fois que l’enthousiasme prend (en général d’un jour à l’autre), les jeunes sont alors inarrêtables. Aujourd’hui, je les regarde faire, et j’ai beaucoup d’admiration pour leur courage.

Des jeunes m’ont donc déjà suivi dans mes délires, car ils sont généralement sains pour eux et ils s’en rendent compte. J’ai confiance qu’ils continueront de me suivre dans ce nouveau projet, car il est fait pour eux, dans le respect de leur liberté fondamentale à déterminer leur propre vie, et qu’on leur a trop longtemps retiré. Il est temps que ça bouge, et ils incarneront ce changement en premier lieu. Faisons leur confiance!

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